Abonné

Questions sociales Désaccord européen sur le détachement des travailleurs

- - 3 min

Le Conseil de l’UE n’est pas parvenu à trouver un compromis sur les moyens de rendre plus opérationnelle la législation sur le détachement des travailleurs. Il devrait faire une nouvelle tentative en décembre afin d’entamer au cours de cette législature les négociations avec le Parlement européen. À défaut, ce n’est que dans deux ans que pourra être de nouveau abordé ce dossier sensible, entre autres, pour un secteur comme celui des abattoirs, où la France et la Belgique estiment pâtir d’une concurrence déloyale de la part d’établissements allemands pratiquant des salaires particulièrement bas (1).

Après avoir échoué le 15 octobre à Luxembourg, les ministres de l’emploi de l’UE devraient tenter une nouvelle fois, lors d’une réunion prévue les 9 et 10 décembre, de parvenir à adopter une position commune sur une proposition de la Commission européenne visant à assurer une application correcte de la législation de 1996 sur les droits des travailleurs détachés d’un État membre à l’autre. S’il est généralement admis que la législation actuelle est presque inutile, car inappliquée, les Vingt-huit divergent sur les modalités des mesures permettant de lutter véritablement contre les abus et fraudes, à savoir les contrôles nationaux et les dispositions spécifiques destinées à assurer le respect par les sous-traitants des conditions d’emploi pertinentes des travailleurs détachés.
 
Deux camps
Sur le deuxième point, « aucune proposition satisfaisante n’a été faite », a regretté le ministre français, Michel Sapin. Selon lui, il faut, « sur le territoire européen, une vraie responsabilité conjointe entre les donneurs d’ordre, celui qui passe le marché, et l’ensemble des entreprises qui concourent à la mise en œuvre de ce marché », car « la grande méthode de fraude consiste à compliquer les circuits », avec une multiplication de sociétés ou d’ « entreprises boîtes aux lettres».
Au cours de la réunion de Luxembourg, la France, l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne et le Danemark ont bloqué le dernier compromis sur la table, lui reprochant de ne pas rendre obligatoire dans toute l’UE cette responsabilité conjointe et solidaire.
À l’inverse, le Royaume-Uni, la Lituanie, la Lettonie, la Slovaquie, la République tchèque, l’Estonie, la Slovénie, la Croatie et la Pologne acceptaient ce texte.
 
(1) Voir n° 3417 du 14/10/13

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre