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Commerce extérieur Deux accords signés entre la France et l'Iran sur le plan agricole

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Deux accords ont été signés à l'occasion du déplacement en Iran de Stéphane Le Foll et de Matthias Fekl, secrétaire d'État au Commerce extérieur, les 21 et 22 septembre : un sur les semences de grandes cultures, un autre sur la génétique caprine. Au-delà de ces signatures, des opportunités se dessinent pour les secteurs des semences, de la génétique, de la viande, des céréales, et des équipements.

Le déplacement de Stéphane Le Foll et de Matthias Fekl a donné l'impulsion gouvernementale nécessaire à la fluidité des affaires, même si les échanges commerciaux n'ont jamais cessé dans le domaine agricole pendant les années de sanctions économiques contre l'Iran. Ainsi, deux accords ont été signés, un sur les semences de grandes cultures, un autre sur la génétique caprine.

La vingtaine d'entreprises françaises du secteur agricole qui accompagnaient le ministre ont, selon un communiqué du ministère, « noté les nombreux projets d'investissements qui pourraient constituer autant d'opportunités pour les secteurs des semences, de la génétique, de la viande, des céréales, ou encore des équipements ».

Jusque-là le premier poste exportateur de la France en Iran est la pharmacie, précise-t-on au ministère de l'Agriculture.

Les opérateurs présents au déplacement ont noté l'appui qu'a représenté la présence de Stéphane Le Foll, s'exprimant aussi bien en tant que ministre de l'Agriculture que comme porte-parole du gouvernement.

Semences : accord pour le blé, essais sur le colza et le maïs

L'accord sur les semences concerne l'entreprise du nord de la France Florimond Desprez et le ministère iranien de l'Agriculture. Il vise à développer un programme de recherche commun sur le blé, l'utilisation des nouvelles techniques de sélection. Le semencier conforte ainsi son implantation de longue date en Iran, basée sur un partenariat local notamment dans la betterave et le blé. « Florimond Desprez est bien connu dans le pays et identifié comme un bon sélectionneur, note François Burgaud, président de l'Adepta (1) et directeur des relations extérieures du Gnis (2). Il pèse 20 à 30 % du blé cultivé en Iran. » Un précédent accord avait été signé au mois de mai entre le Gnis et le ministère iranien de l'Agriculture. Avec notamment pour objectif de mener plus largement des expérimentations de variétés françaises adaptées au climat local.

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« On sent un appétit très fort pour la technologie française, en semence et plus généralement dans l'agriculture, l'agroalimentaire, poursuit François Burgaud, à la fois chez les autorités et les opérateurs ». D'autres semenciers l'ont bien senti, notamment Euralis qui démarre des essais de variétés de colza, de maïs. Maïsadour lorgne aussi le marché iranien. « Nous voulons contribuer au développement de la production agricole en Iran, et du marché des semences qui part de loin », déclare Régis Fournier, directeur général de la branche Semences. « Le développement économique du pays sera très rapide. » Maïsadour Semences étudie l'opportunité d'ouvrir une filiale sur place. Son intérêt porte sur le maïs, le tournesol, la luzerne, des semences jusqu'ici peu importées sur place.

Au sein de la délégation française présente en Iran du 20 au 23 septembre figuraient d'autres entreprises du secteur végétal, comme le fabricant de système d'irrigation Irrifrance, le spécialiste en logistique portuaire Sénalia, la groupe coopératif agro-industriel Axéréal. « L'objectif c'est de découvrir, apprendre, comprendre pour pouvoir ensuite monter des projets dans le court et le moyen terme, a dit à l'agence de presse Reuters le secrétaire général du groupe coopératif Axé-réal, Stéphane Michel. Il y a encore des contraintes, notamment des problématiques de change. Le pays aujourd'hui n'est pas raccordé au système financier mondial. Les sanctions américaines n'ont pas été levées. Ce pays n'est pas encore totalement connecté au monde. »

Génétique caprine : première étape d'une ferme de 500 chèvres

L'autre projet signé concerne la génétique caprine. Ce projet dans son intégralité comporte l'élaboration d'un complexe de 500 chèvres. Le contrat a été signé entre l'Association pour le développement des échanges internationaux de produits et techniques agroalimentaires (Adepta) et le groupe agroalimentaire iranien Kalleh, numéro un de la viande de volailles et numéro deux du lait. Kalleh joue le rôle d'agrégateur de plusieurs partenaires, dont la ferme privée de 5 000 hectares qui mettra en œuvre le projet des 500 chèvres. L'Adepta est également agrégateur, pour le compte de la société française de génétique Capgen, basée à Poitiers, en terre caprine, et de Géode, organisme de sélection, et enfin pour le compte de l'Institut de l'élevage, qui a un rôle clé dans le conseil et la formation. Dans un premier temps, le contrat porte sur la fourniture de génétique, a indiqué le 24 septembre Florent de Saint Vincent, de l'Adepta.

Par la suite, l'Institut de l'élevage aura un rôle majeur pour mener à bien de coordonner la conduite de l'élevage sans problèmes sanitaires et avec l'alimentation adaptée. Le projet intégral comprend la réalisation d'une production allant de la génétique à la production de fromage de chèvres, dont sont friands les Iraniens. La ferme pourra étendre son troupeau jusqu'à 2 000 chèvres.

(1) Association pour le développement des échanges internationaux de produits et techniques agroalimentaires
(2) Groupement national interprofessionnel des semences et plants