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Deux figures du Bordelais devant la justice pour le classement de Saint-Emilion

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Deux grandes figures du vignoble bordelais ont-elles été juges et parties dans l’élaboration du classement 2012 des grands crus de Saint-Emilion ? Le tribunal correctionnel de Bordeaux entame le 20 septembre un procès de deux jours, citant Hubert de Boüard, copropriétaire du célèbre château Angélus et consultant viticole, et Philippe Castéja, négociant et propriétaire de château Trotte Vieille, auxquels il est reproché une « prise illégale d’intérêt » dans le processus de classement, le seul au sein des grands vins de Bordeaux à être révisable (tous les dix ans). MM. de Boüard et Castéja étaient tous deux membres du comité national des vins de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), qui a validé le règlement du classement puis ses résultats, arrêtés par une commission indépendante. M. de Boüard, plus actif que M. Castéja d’après l’enquête, était également membre de l’organisme de gestion des vins de Saint-Emilion, organe qui a participé à l’élaboration du règlement du classement avec l’INAO selon l’instruction. En 2012, Angélus avait été promu premier grand cru classé A, au plus haut, et Trotte Vieille maintenu comme premier grand cru classé B. Les deux prévenus ont toujours nié les accusations de conflit d’intérêts et leur défense, dont l’avocat Antoine Vey, a fait valoir qu’ils se sont « systématiquement déportés » des délibérations pouvant concerner le classement. L’enquête n’a en outre pas permis d’établir qu’ils avaient pris part à des votes.

Accusation de « prise illégale d’intérêt » dans le processus de classement