Un comité d’experts préconise l’insertion de deux nouveaux pesticides - l’endosulfan et les composés du tributylétain - dans la liste de veille de la Procédure de consentement préalable en connaissance de cause (PIC) de la Convention de Rotterdam, un traité international visant à garantir que les produits chimiques dangereux ne constituent pas une menace pour la santé humaine et l’environnement.
Les experts ont recommandé l’insertion dans la liste de veille de l’endosulfan, pesticide largement employé dans le monde, en particulier dans la culture du coton, en faisant valoir qu’il constitue un risque inacceptable pour la santé des travailleurs et pour l’environnement.
Les composés du tributylétain (TBE), utilisés dans les peintures anti-fouling pour les coques de navires, sont un problème car ils pénètrent dans l’environnement marin, en particulier dans les ports fermés, où ils sont toxiques pour les poissons, mollusques et autres organismes.
Problèmes d’utilisation et de stockage
Quelque 70 000 produits chimiques sont disponibles sur le marché à l’heure actuelle, et environ 1 500 nouveaux produits sont mis en vente chaque année, ce qui risque de constituer un grave problème pour les organismes de réglementation chargés d’assurer le suivi et la gestion de ces substances potentiellement dangereuses.
De nombreux pesticides, qui ont été mis au ban ou strictement réglementés dans les pays industrialisés, sont encore commercialisés et utilisés dans les pays en développement. Trop souvent, ils sont vendus aux agriculteurs qui ne disposent ni du matériel, ni des connaissances nécessaires pour les appliquer en toute sécurité, entraînant des maladies en grand nombre, voire des décès. Dans d’autres cas, les stocks de produits chimiques et pesticides obsolètes ou indésirables s’accumulent et coûtent très cher à éliminer.
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Tirer la leçon des erreurs commises
Soutenue à la fois par la FAO et le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE), la Convention de Rotterdam permet à ses Etats membres de tirer parti des expériences et des erreurs commises en encourageant la transparence et le partage d’informations sur les risques potentiels pour la santé et l’environnement.
Tout commerce concernant un pesticide ou produit chimique industriel figurant sur la liste PIC doit au préalable recevoir l’aval du pays importateur. Cela donne, en particulier aux pays en développement, la possibilité de décider quels sont les produits chimiques ou pesticides potentiellement dangereux qu’ils veulent bien recevoir, et de refuser ceux qu’ils ne sont pas en mesure de gérer en toute sécurité.
Il incombe aux pays exportateurs de garantir qu’aucune exportation ne quitte leur territoire si le pays importateur a pris la décision de refuser le produit chimique ou pesticide en question.