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L’heure est à la régulation en France. Tirant les conclusions de la crise financière autant que de celle de l’agriculture, il n’est quasiment pas une organisation professionnelle qui ne demande un retour à des mesures fortes de régulation. Ce devait être une des revendications de la grande manifestation du 16 octobre.
Vis-à-vis de l’Europe, le ministre Bruno Le Maire est parti, avec un certain succès, à la conquête de bon nombre de capitales européennes pour les faire adhérer à un programme, modéré mais bien réel, de régulation des marchés agricoles. Il voudrait que l’Europe y consacre un supplément de 300 millions d’euros. Quant à Nicolas Sarkozy, il a eu, comme de coutume, des phrases bien fortes pour nous convaincre de la fin du libéralisme pur et dur.
Tout cela pourrait nous faire imaginer que les marchés n’ont qu’à bien se tenir.
Le seul problème c’est que les Français sont peut-être bien les seuls à avoir à ce point la foi régulatrice chevillée au corps. Ainsi, le mot n’a même pas été prononcé lors de la réunion d’experts organisée par la FAO à Rome du 12 au 15 octobre. Il s’agissait pourtant de savoir comment nourrir le monde, dans une session organisée par une institution peu suspecte de libéralisme. Mais voilà : qu’ils aient tort ou raison, la quasi-totalité des experts présents ne juraient que par la libéralisation des marchés. C’est à l’image de la planète qui est arc-boutée sur cette même pensée unique. On peut le regretter. Mais il faut s’y résoudre : la France ne pourra avoir raison seule contre le reste du monde. Quant aux Européens convaincus par Bruno Le Maire, il n’est pas sûr que leur ralliement soit durable au-delà de cette période de crise. Bien sûr, il ne faut pas renier ses convictions. Mais il serait plus prudent de conserver la libéralisation des marchés comme une option possible.
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