La Cour des comptes européenne conclut, dans un nouveau rapport publié mercredi 6 juillet, que peu d’éléments permettent d’affirmer que les avantages de l’approche Leader l’emportent sur les coûts et les risques qu’elle engendre. Le programme Leader (développement local mené par les acteurs locaux) permet de financer des projets dans les zones rurales, urbaines et côtières, prévoyant jusqu’à 9,2 milliards d’euros de financement pour la période 2014-2020. Mais pour Eva Lindström, membre de la Cour des comptes responsable de l’audit, « nombre de projets que nous avons examinés auraient pu être financés à moindre coût par d’autres fonds de l’UE ». L’approche participative de Leader entraîne, selon la Cour, des coûts administratifs et de fonctionnement élevés. Selon la Commission européenne, ces coûts s’élevaient à plus d’un milliard d’euros (un quart du total des dépenses) fin 2020.
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Les processus de demande et d’approbation des projets, qui peuvent inclure jusqu’à huit étapes, restent, selon les auditeurs, trop compliqués et trop lents. Conséquence : seulement 39 % des projets ont été subventionnés par les États membres et l’un d’eux (la Slovaquie) n’en a financé aucun. Dans leur rapport, les auditeurs signalent que pour certains projets soutenus (par exemple l’achat de tracteurs par des agriculteurs), il aurait parfois été plus avantageux de bénéficier de mesures mieux ciblées de développement rural en dehors du cadre Leader. La Commission est en train d’examiner la pertinence, l’efficacité et la cohérence et la valeur ajoutée du programme Leader, mais cette évaluation ne sera pas publiée avant l’an prochain, au plus tôt.