Le fournisseur des boulangers et pâtissiers DGF, qui subit le ralentissement de l’activité de ses clients, améliore sa desserte du nord-est de la France en se dotant d’une nouvelle plateforme dans les Ardennes. Il poursuit toutefois sa politique d’acquisition de PME locales et ses investissements. Son p.-d.g. Stéphane Corthier prévoit une reconfiguration du capital pour le premier semestre 2021.
DGF a subi de plein fouet le confinement du printemps qui a eu pour conséquence la fermeture de nombreuses pâtisseries, et un recul de leur activité pour celles qui étaient restées ouvertes. « En avril, le chiffre d’affaires de DGF a reculé de 70 %, nos clients ont vraiment beaucoup souffert », témoigne Stéphane Corthier, p.-d.g. de DGF (340 millions d’euros de chiffre d’affaires sous enseigne en 2019). « La situation s’est redressée ces derniers mois, mais nous ne savons pas ce que va donner la fin d’année, or novembre est un mois clé car les pâtissiers et chocolatiers passent leurs commandes pour les fêtes de fin d’année », poursuit-il. Stéphane Corthier prévoit un recul de son chiffre d’affaires de 15 ou 20 % en 2020 en fonction justement de cette fin d’année. Pour ce qui est de la rentabilité, le p.-d.g. envisage une légère perte pour l’exercice 2020.
Pour passer cette épreuve, la société basée à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) a mis une majorité de ses effectifs (400 salariés sur 600) en activité partielle au printemps, et va le refaire en novembre à l’occasion du nouveau confinement, de façon plus ciblée cette fois-ci. La société affirme vouloir les accompagner ses clients via un train de mesures déjà décidées : déstockage de produits à DLC courte, gamme d’emballages pour la vente à emporter, prix solidaires, promotions, commande en ligne d’ici la fin de l’année et facilités de trésorerie.
Acquisition de Blédélice à Bordeaux
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Ce contexte exceptionnel n’empêche pas l’entreprise de continuer à investir. « En octobre, nous avons inauguré notre nouvelle plateforme pour le nord-est de la France, correspondant à un investissement de 7 millions d’euros », annonce Stéphane Corthier. Construite à Rethel (Ardennes) sur 3 000 m2, elle remplace trois sites de Reims, Soissons et Revin. Ces derniers mois, deux sites ont été agrandis : au Muy (Var) et à Auxerre (Yonne). Le prochain investissement important sera le système informatique de DGF qui va être remplacé par une nouvelle solution, pour un coût de 4 millions d’euros étalés sur les deux exercices 2021 et 2022.
Les acquisitions se sont poursuivies cette année : le distributeur bordelais Blédélice (2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel) a rejoint DGF récemment. « Blédélice nous permet de renforcer notre présence dans le Sud-Ouest », souligne Stéphane Corthier. Selon lui, les acquisitions sont toujours stratégiques pour DGF, mais la conjoncture actuelle rend complexe la visite des entreprises et les audits nécessaires.
Le début d’année prochaine sera marqué par une réflexion sur le tour de table de DGF. « Certains des investisseurs historiques prévoyant leur sortie, une reconfiguration du capital est prévue pour le premier semestre 2021 », annonce Stéphane Corthier. DGF a mené une levée de fonds auprès de ses actionnaires en 2018 pour un montant de 8 millions d’euros (Agra Alimentation du 9 mai 2019). Son capital est réparti entre 21 Invest (75 %), Amundi Private Equity et NCI.