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Dialogue stratégique sur l’agriculture : des réactions positives unanimes

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La publication des conclusions du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’UE a réussi le tour de force de provoquer des réactions quasi unanimes tant chez les parties prenantes du secteur que parmi les groupes politiques au Parlement européen. Chacun y voit pourtant midi à sa porte.

Alors qu’elles ont pourtant des visions très éloignées de l’agriculture et qu’elles s’opposent régulièrement sur de nombreux sujets, les parties prenantes du secteur agroalimentaire de l’UE ont, une fois n’est pas coutume, apporté un soutien unanime aux conclusions du dialogue stratégique sur l’avenir de l’Agriculture présenté, le 4 septembre, par le professeur allemand Peter Strohschneider qui encadrait les discussions. Toutefois, chacun y voit midi à sa porte et le moyen de faire avancer ses idées et ses intérêts. Parmi les professionnels de l’agriculture, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) se sont félicitées de l’adoption de ce document, soulignant avant tout le changement de méthode et le point de départ du développement d’une « vision agroalimentaire » par la Commission européenne. La présidente du Copa, Christiane Lambert a appelé à utiliser le contenu comme une base pour construire « une vision plus équilibrée et stratégique de l’agriculture et de l’alimentation ». Sentiment partagé par les jeunes agriculteurs européens (CEJA) qui se réjouissent en particulier du caractère central de la question du renouvellement des générations, leur priorité. Pour la Coordination européenne Via Campesina, cette synthèse comprend « des progrès positifs et importants dans certains domaines clés de la transition agricole » nécessitant toutefois davantage de mesures concrètes pour les prix, les revenus agricoles, le « droit à la terre » et le renouvellement générationnel.

Dans le même sens

Du côté des ONG, on se félicite également du contenu de ces conclusions en dépit de quelques manques. Pour Greenpeace, le rapport plaide pour « une refonte fondamentale de l’agriculture pour soutenir les agriculteurs les plus vulnérables et récompenser ceux qui protègent la nature ». Le Bureau européen de l’environnement (EEB) note également un « consensus historique » qui appelle un changement pour l’alimentation et l’agriculture de l’UE, « en se concentrant sur les résultats plutôt que sur les pratiques ». L’ONG y voit une incitation à « réformer la politique archaïque des subventions agricoles » pour rediriger les financements vers la récompense de pratiques plus vertueuses pour l’environnement et le climat. Toutefois, le « langage timide » sur l’élevage industriel et la réduction le nombre total d’animaux dans l’UE est mentionné.

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Les organisations de consommateurs de l’UE (BEUC), aussi, saluent « une vision bien conçue, cohérente et équilibrée pour l’avenir des systèmes alimentaires et agricoles de l’UE ». Elles mettent notamment en avant « des résultats prometteurs » qui invitent « à faire du choix alimentaire sain et durable une option facile pour les consommateurs ». Néanmoins, les consommateurs indiquent que des recommandations « un peu plus audacieuses » auraient pu être proposées dans certains domaines (bien-être animal, élevage, commerce international).

En outre, ce document a également le mérite de – presque – réconcilier les groupes politiques du Parlement européen. Chez les Verts, le Français David Corman estime que « ce rapport montre qu’il est urgent d’apporter des changements majeurs aux politiques agricoles de l’UE » tout en invitant la Commission européenne à « passer des paroles aux actes ». Même son de cloche pour le centriste français Pascal Canfin qui considère que le rapport est « une très bonne base à laquelle la Commission doit désormais donner corps en termes de propositions législatives ». Enfin, l’ancien président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, l’Allemand Norbert Lins (PPE, droite) a aussi salué un document qui montre que « la Commission européenne a reconnu que le secteur agricole est soumis à une pression de changement permanente et qu’il faut des lignes directrices et des idées pour orienter cela dans la bonne direction ». Seule voix discordante, celle de la fraîchement élue au Parlement européen Céline Imart (droite) qui regrette que les conclusions du Dialogue stratégique ne proposent pas de ressources nouvelles pour les agriculteurs.