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Le photovoltaïque et l’agriculture Didier Marteau (APCA) : « Priorité au photovoltaïque sur les toits »

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Les plaques photovoltaïques doivent d’abord trouver leur place sur les toits de bâtiments, affirme Didier Marteau, président de la commission environnement de l’APCA (Chambres d’agriculture). A cette condition, c’est une activité à encourager, du moment qu’existe une capacité d’autofinancement, au moins partiel. Agra poursuit sa série de questions aux responsables agricoles sur cette nouvelle activité.

Faut-il laisser libre, encadrer ou interdire, la pose de capteurs photovoltaïques sur les sols agricoles ?
S’agissant de centrales solaires au sol, le principe doit être celui d’une gestion fortement encadrée. En effet, s’il n’est pas question d’interdire toute installation de capteurs photovoltaïques au sol, les surfaces agricoles doivent avant tout conserver leur valorisation agronomique et ne pas souffrir d’une nouvelle concurrence. En raison des surfaces occupées, ce type d’installations se révèle particulièrement consommateur de foncier et se substitue de manière définitive aux activités agricoles, ce qui ne saurait être acceptable à l’heure où le Grenelle de l’Environnement assigne au droit de l’urbanisme en France un objectif de lutte contre la régression des surfaces agricoles et naturelles. Pour le monde agricole, la priorité doit être donnée à l’intégration du photovoltaïque sur les bâtiments agricoles qui offrent des possibilités de production importantes sans affecter ni les paysages ni les activités de production agricole.
Certaines régions subventionnent la pose de capteurs photovoltaïques sur les toits des bâtiments et d’autres non. Faut-il une politique nationale unique dans ce domaine ?
Il existe déjà une politique nationale de développement du solaire photovoltaïque en France à travers l’obligation de rachat de l’électricité par EDF à hauteur de 60 centimes d’euro/kWh en 2009. Néanmoins, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) du ministère de l’Ecologie étudie actuellement la possibilité de réviser très prochainement ces tarifs de rachat de l’électricité photovoltaïque. Il nous importe à ce titre que les agriculteurs puissent continuer de bénéficier du soutien de l’Etat. Celui-ci doit rétribuer leur dynamique de production d’énergies renouvelables et d’atténuation des effets du changement climatique. Ainsi les surfaces de bâtiments agricoles couvertes en panneaux doivent-elles rester en classement « zones agricoles » et non « industrielles ». Par ailleurs, certaines collectivités territoriales, en particulier des Régions, aident aussi l’investissement des agriculteurs dans ce type d’énergie. Cela constitue un levier de décision souvent déterminant pour se lancer, et il est bon de laisser cette liberté au niveau régional. C’est encore mieux si l’encouragement peut s’étendre à toutes les régions !
Encourageriez-vous les agriculteurs à investir dans ce complément d’activité ?
D’ores et déjà, de nombreux agriculteurs se sont engagés dans cette voie d’innovation, de respect de l’environnement, et qui plus est, avec un complément de revenu à la clé. A travers le solaire photovoltaïque, c’est un pas de plus dans l’agriculture durable. Ce développement doit néanmoins se faire dans les règles de l’art, en respectant les fonctions premières de l’agriculture. En outre, il est préférable de disposer d’une capacité financière permettant un autofinancement au moins partiel, pour un retour sur investissement de 12 ans maximum. Le nouvel investissement doit être replacé dans le système d’exploitation tout entier. De nombreuses chambres d’agriculture proposent un accompagnement pour étudier les critères techniques, économiques, juridiques, fiscaux ou encore d’urbanisme des projets, tenant compte de l’évolution du contexte réglementaire et de tarifs.

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