Pour mieux assurer son approvisionnement dans un contexte de marché de plus en plus volatil, Diester industrie veut inciter les organismes collecteurs à contractualiser davantage de surfaces. Le groupe offre donc cette année des conditions plus avantageuses à ceux qui s’engagent plus qu’en 2007. Et la filière réfléchit pour la récolte 2010 à un nouveau type de contractualisation qui concernerait également l’agriculteur.
Au moins 600 000 hectares contractualisés. Après le « petit trou d’air » de 2008, selon Bernard Nicol, directeur général de Diester industrie, le groupe souhaite que les organismes collecteurs engagent davantage de surface en 2009 pour la production de biodiesel. Pour ce faire, Diester industrie propose donc cette année une politique de contractualisation qui se veut plus incitative. Premier point : l’entreprise autorise les collecteurs à fixer leur prix sur le marché à terme pour la moitié des lots qu’elle leur achètera. L’an passé, la limite était établie à 30 %. Second point : pour les volumes vendus au prix moyen, les collecteurs qui s’engagent sur 110 % des surfaces contractualisées en 2007 bénéficieront d’une prime de 20 euros/t contre 16 euros/t en 2008.
Le prix de base 2009 encore à fixer
Pour Christian Rousseau, qui s’est exprimé le 14 avril lors d’une réunion régionale organisée par la filière près de Laon, « ce sera très facile pour les OS les moins engagés, mais pour les autres, il faudra chasser les hectares ». Quoi qu’il en soit, la prime tombera à 10 euros/t pour ceux qui ne feront que reconduire leurs engagements 2007. Comme auparavant, le prix moyen sera au moins égal à 90 % d’un prix calculé à partir du marché à terme. En 2008, il était de 350 euros/t en colza en base janvier.
Pour cette campagne, Diester industrie a choisi d’attendre un peu pour fixer le prix de base, les cours actuels ne permettant pas d’envisager un prix supérieur à 240 euros/t. Les organismes collecteurs ont de toute façon jusqu’au 15 juillet pour se décider.
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En 2010, la logique de contractualisation pourrait s’enrichir d’un nouveau maillon.
Vers un engagement des producteurs
« Nous souhaitons qu’un engagement du producteur sur trois ans soit possible », a indiqué Xavier Beulin, président de la Fop (Fédération des producteurs d’oléoprotéagineux), lors d’une réunion régionale organisée par la filière près de Laon le 14 avril. Objectif : faciliter l’engagement des collecteurs en incitant les producteurs à passer des contrats diester sur un tiers de leur surface de colza. Pour le président de la filière, « il nous faut sécuriser cette relation descendante et montante par une formule gagnant/gagnant ». L’exploitant bénéficierait donc d’une prime liée à son engagement, idéalement au moins égale à l’aide aux cultures énergétiques de 45 euros/ha. Diester industrie n’interviendrait pas dans le système, qui ne concernerait que l’agriculteur et son organisme stockeur. Ce dernier « doit rester l’interface, le pivot de la filière », a insisté Xavier Beulin. La filière voudrait penser ce nouveau type d’engagement plus largement. Elle souhaite l’étendre à l’éthanol, au travers d’un accord interprofessionnel.