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Agronomie et alimentation Difficile rééquilibrage de la nutrition vers plus de protéines végétales

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Remplacer une partie des protéines animales de l’alimentation par des protéines végétales est un défi auquel réfléchissent les chercheurs de l’Inra, mais ce défi n’est pas facile à relever, a montré une conférence organisée par l’institut de recherche au Salon de l’agriculture le 25 février.

Modérer la consommation de viande et accroître celle de protéines végétales n’est pas un objectif atteignable d’un claquement de doigt, ont exposé trois chercheurs de l’Inra lors d’une des conférences tenues sur le stand de l’Inra au Salon.
Augmenter la part des protéines végétales dans l’alimentation répond d’une part à l’idée de remplacer le terrain protéique laissé par la viande, dont la consommation recule de 4,4 kilos par habitant et par an en France, a indiqué Jean-Louis Peyraud, chercheur à l’Inra de Rennes. Il répond aussi à la préoccupation planétaire d’économiser des terres cultivables, sachant qu’un kilo de protéines animales nécessite cinq à dix kilos de protéines végétales. Le bétail utilise une part importante de la biomasse cultivée mondiale (73% en France), tant par les céréales que par l’herbe, selon le chercheur.

Des spaghettis aux pois cassés

Augmenter la consommation de protéines végétales, oui mais comment ? Stéphane Walrand, de l’Inra de Clermont-Ferrand, a montré que les protéines animales sont difficilement remplaçables, car elles sont facilement digestibles par l’homme. De plus, les protéines végétales contiennent souvent des composés antinutritionnels et des goûts qui rebutent les consommateurs. L’utilisation des sources végétales de protéines, se heurtant à un problème d’acceptabilité des consommateurs, « nécessite encore du travail d’innovation », a-t-il reconnu.
Cela n’empêchera pas la consommation globale de viande d’augmenter dans le monde, notamment Asie et Afrique, a souligné Pierre Combris, chercheur à l’Inra spécialisé dans les questions d’alimentation. L’augmentation du niveau de vie s’accompagne en effet, d’une augmentation de la part des lipides, des sucres et des protéines animales, et de la baisse de la part des protéines végétales, et la baisse des prix de ces produits en encourage la consommation, au risque de développer le fléau de l’obésité, a-t-il précisé. Et « la majorité de la population mondiale ne se trouve encore qu’au début de ce processus de transition nutritionnelle », a-t-il souligné, montrant que la tendance à l’augmentation de la consommation de produits carnés dans le monde n’est pas encore près de s’inverser.

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