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Dilepix décrypte les images des objets connectés

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À l’heure de la réduction de l’usage des pesticides, être capable d’intervenir le plus rapidement possible sur les menaces qui pèsent sur les cultures fait partie des enjeux majeurs de l’agriculture de précision. C’est dans cette optique que s’inscrit Dilepix à partir de l’analyse des images des équipements connectés utilisés par les coopératives agricoles (principalement des équipements fixes comme sondes ou pièges à insectes).
 
La start-up a été créée en mars 2018 à partir d’un transfert de technologie du laboratoire Inria de Rennes. Grâce à des partenariats avec des équipementiers agricoles, l’entreprise récupère les images des équipements fixes ou mobiles utilisés dans les cultures. Ces dernières sont ensuite transférées dans un cloud et analysées à distance grâce à une API.
 
« Nous nous appuyons sur des technologies de deep learning avec des algorithmes auxquels nous avons appris à reconnaître les nuisibles et à les localiser dans l’espace », explique Aurélien Yol (à droite sur les photos ci-dessous), ancien ingénieur de l’Inria et créateur de la start-up avec Alban Pobla (à gauche), ancien DG du développement économique à la CCI de Bretagne.
 
Un espace client permet ensuite de visualiser à distance ce qui a été analysé et les éventuelles menaces sur les cultures (insectes, plantes concurrentes…). « Nous sommes en train de mettre en place une fonctionnalité d’alertes instantanées par message (SMS, e-mail…) en fonction de la nature du risque », ajoute Aurélien Yol. L’objectif étant de renforcer rapidement l’aspect réactif du système.
Pour l’instant, les principaux clients de la start-up sont les coopératives agricoles et les organisations de producteurs. « Nous visons principalement le top 10 des coopératives en France car là où nous devenons très pertinents, c’est quand il y a déjà une masse importante d’équipements disponibles », détaille Aurélien Yol.
 
Les deux fondateurs se focalisent sur les cultures, notamment les légumes d’industrie avec les haricots verts ou les betteraves. « Nous avons aussi des projets qui commencent en petits pois et carottes », ajoute Aurélien Yol. Le système est adaptable aux différentes cultures, avec seulement « une phase de rodage » pour les ravageurs que l’algorithme ne connaît pas, et qu’il doit apprendre à reconnaître.
 
A l’avenir, les clients de la start-up pourraient devenir les équipementiers eux-mêmes. « À terme, nous voulons intégrer ces solutions-là directement dans les équipements pour ne plus reposer sur le réseau et les images à distance, pour que l’analyse se fasse en direct », explique Aurélien Yol.
 
La start-up va lancer sa R&D sur ce segment et envisage une commercialisation à la fin de l’année 2019. Pour l’analyse à distance déjà existante « la partie R&D est terminée et nous allons passer à la commercialisation du produit finalisé », explique Aurélien Yol.
 
Pour se financer, l’entreprise va lancer d’ici l’automne une première levée de fonds de 300 000 euros avec IT Translation, le fonds corporate de l’Inria. « Des discussions sont en cours avec d’autres investisseurs pour qu’ils viennent se greffer en co-investissement » et atteindre ainsi les 600 000 euros, détaille Aurélien Yol.
 
L’entreprise ne vise pas que le marché français. « Si nous sommes partenaire voire fournisseur d’équipementiers, nous avons vocation à aller à l’international », ajoute Aurélien Yol, évoquant notamment des pays européens avec une structuration du secteur agricole proche de la France comme les Pays-Bas, l’Italie ou l’Espagne.

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