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Jacques Chirac « Diminuer la capacité de production agricole va contre l’intérêt de la France »

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Le président de la République a accordé une longue interview au , à l’ , sur les questions d’environnement. Interrogé sur l’agriculture, Jacques Chirac déclare que « tout ce qui va dans le sens d’une diminution de la capacité française de production agricole, va dans un sens contraire à l’intérêt de la France ». Extraits de l’interview parue le 1er février.

Le Nouvel Observateur : Vous avez été l’un des apôtres de l’agriculture intensive, qui met la France aux premiers rangs de la production agricole mais on en a vu les dégâts : la plupart de nos nappes phréatiques sont aujourd’hui contaminées par des produits phytosanitaires…

Jacques Chirac — Il faut bien comprendre que nous sommes dans un monde où, actuellement, 800 millions de gens sont sous-alimentés, où la population va augmenter considérablement. Avec l’Afrique, qui a aujourd’hui 900 millions d’habitants dont 350 millions ont moins de 15 ans et qui en comptera 1,90 milliard en 2050. Dans quarante ans, c’est-à-dire demain. Autrement dit, nous sommes dans un monde qui va, quoi qu’il arrive, être confronté à des problèmes dramatiques d’alimentation. Qu’on le veuille ou non. La France a une agriculture tout-à-fait exemplaire. Je parlerai après des produits phytosanitaires, puisque le problème existe, je ne l’ignore pas. Nous sommes le premier exportateur de produits agricoles transformés du monde, et le deuxième exportateur de produits agricoles. Et tout ce qui va dans le sens d’une diminution de la capacité française de production agricole, va dans un sens contraire à l’intérêt de la France, puisque nous y trouvons beaucoup d’emplois, d’argent, de services, mais aussi est contraire à l’intérêt général de la planète.

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Le Nouvel Observateur : Certes, mais l’omniprésence des pesticides dans les nappes phréatiques est une menace sanitaire. Et implique des traitements de plus en plus coûteux…

Jacques Chirac — Le problème de la maîtrise se pose. C’est vrai, il y a eu beaucoup d’abus. On a laissé faire, pas seulement en France, un peu partout. On a laissé faire et on a empoisonné des eaux, des terres. Nous agissons depuis déjà plusieurs années pour reprendre les choses en main. Je n’ai pas fait un seul discours sur l’agriculture depuis cinq ou six ans sans parler d’une agriculture économiquement rentable et écologiquement responsable. En revanche, il n’est pas question de laisser les Etats-Unis s’emparer de tous nos marchés via l’OMC. Si, via l’OMC, on acceptait le démantèlement de la Politique agricole commune, ce serait les Etats-Unis qui en profiteraient, pas les pays pauvres.