Abonné

Dionymer, spécialiste des polymères issus de biodéchets, ne manque pas de projets

- - 4 min
Les trois cofondateurs de Dionymer (de gauche à droite) : Antoine Brège, Guillaume Charbonnier et Thomas Hennebel Crédits : © Dionymer

Dionymer, qui valorise les biodéchets en polymères biodégradables, a annoncé le 12 décembre 2023 une levée de fonds de 1,5 million d’euros pour accompagner les différentes étapes de son développement, avant la phase d’industrialisation prévue en 2026. La société étudie aussi la possibilité d’installer des pilotes au plus près des sources de biodéchets afin de produire des matériaux ayant un impact environnemental le plus faible possible. 

La biotech Dionymer vient comme prévu de réaliser son premier tour de table d’amorçage pour assurer les prochaines étapes de son développement. La start-up bordelaise a levé 1,5 million d’euros, une opération menée par Aquiti Gestion, IRDI Capital Investissement, AFI Ventures (fonds à impact de Ventech) et ResiliAnce, avec l’appui du service Levée de fonds d’ADI N-A (Agence de Développement et d’Innovation de Nouvelle-Aquitaine). Dionymer fondée en 2021 par trois amis ingénieurs chimistes, Antoine Brège, Guillaume Charbonnier et Thomas Hennebel, a « pour ambition de devenir un acteur industriel pionnier en France et en Europe dans les polymères issus de l’économie circulaire », rappelle-t-elle dans son communiqué du 12 décembre 2023.

Aujourd’hui, alors que 99% matériaux polymères proviennent encore de la pétrochimie (source : European Bioplastics), Dionymer a mis au point une technologie biomimétique, baptisée Pharm, qui transforme les biodéchets en matériaux polymères PHA (Polyhydroxyalcanoates). Son process « utilise une double fermentation bactérienne pour produire des polymères biodégradables, biosourcés et compostables », rappelle Thomas Hennebel, le directeur général. La matière polymère récupérée à l’issue de la fermentation se présente sous forme de poudre, le fameux PHA, qui peut être utilisée dans de nombreuses applications, dans différents secteurs tels que l’agroalimentaire, le biomédical et les cosmétiques notamment. Et la solution de Dionymer répond à une double mission : tirer de la valeur des biodéchets et diminuer l'impact environnemental en remplacent progressivement les polymères pétrochimiques.

Nombreux projets de développement

Ce financement va permettre à Dionymer de franchir différentes étapes, et notamment la mise en place d’un prè-pilote industriel en 2024, afin d’atteindre la phase d’industrialisation prévue en 2026. « L’idée est de pouvoir faire les premiers tests industriels grâce à des capacités de productions suffisantes. De quelques grammes de produit aujourd’hui, nous passerons début 2024 à 1 kg par mois de matériaux, puis à environ 100 kg par mois, précise Thomas Hennebel. De quoi fournir ses clients dans le domaine de la cosmétique et du packaging agroalimentaire notamment. « Nous avons déjà des demandes significatives de la part de nombreux clients, qui montre que nos polymères sont attendus par le marché. Et au-delà du matériau en lui-même, un certain nombre de nos prospects sont intéressés par notre double proposition de valeur qui résout un double problème pour eux, à savoir valoriser leurs déchets et trouver une alternative aux polymères, notamment dans l’agroalimentaire ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

levée de fonds
Suivi
Suivre
Nouvelle-Aquitaine
Suivi
Suivre

L’objectif chez Dionymer étant d’avoir un impact environnemental le plus faible possible, la société est en train d’identifier des partenaires et des gisements de biodéchets pertinents pour pouvoir installer une unité pilote au plus près des sites producteurs de déchets, notamment des coopératives agricoles. Dionymer teste par exemple « sa technologie sur des déchets purs, soit de fruits et légumes, relativement sucrés donc performants dans notre process, soit des déchets amidonnés, ayant eux aussi des niveaux de sucres intéressants ». 

Une autre levée de fonds est d’ores et déjà programmée pour fin 2025, pour un montant non dévoilé, afin d’accompagner les prochaines phases du déploiement de Dionymer.