Des éleveurs laitiers de l’Ouest ont reçu un courrier les prévenant d’une possible suspension des aides de soutien à l’agriculture biologique. À partir de septembre 2012, la nouvelle directive nitrate pénalisera en effet les exploitations dépassant un rejet de 170kg d’azote par hectare et par an. Une politique que la FNPL juge incohérente.
Le 4 juin, des éleveurs laitiers de Maine-et-Loire et de Vendée ont reçu un courrier de leur Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) les sommant d’indiquer avant le 15 juin si leur exploitation dépassait la norme réglementaire de rejet d’azote. Plus exactement, ce courrier visait les éleveurs laitiers pratiquant une agriculture biologique. En cas de dépassement déclaré, l’aide européenne du soutien à l’agriculture biologique ne serait plus versée, prévient la lettre. « Cibler en particulier les éleveurs laitiers en conversion biologique ou en MAE (mesure agroenvironnementale), sur des zones sensibles d’un point de vue environnemental, va à contre-courant des objectifs politiques affichés » en matière d’environnement, a dénoncé le 12 juin la FNPL, qui déplore un excès de zèle du gouvernement sur la directive Nitrates. La nouvelle réglementation nitrates, qui ne rentrera en vigueur qu’en septembre 2012, leur impose un plafond de 170 kg d’azote/ha/an pour les épandages. Un dispositif qui pénalise particulièrement les éleveurs qui ont des systèmes à l’herbe. « C’est d’une complète incohérence », réagi Joëlle Hazmann, éleveur laitier en Loire-Atlantique. Car, même si peu d’élevages atteindront ce plafond, selon elle, le principe même est « injuste », estime-t-elle. « Il faut prendre le système dans sa globalité, avec cette directive, on oublie la capacité des prairies à absorber l’azote », s’insurge-t-elle. Un contresens confirmé par la FNPL qui rappelle que, si les vaches nourries à l’herbe rejettent plus d’azote que les autres, « la réglementation antérieure tenait compte du fait que l’herbe recycle très bien ces surcroits d’azote ». La FNPL invite par conséquent les producteurs concernés à ne pas répondre au gouvernement et exige des alternatives.
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