Dans le dossier des biocarburants, le renfort de la grande distribution a été indéniable. En affirmant leur volonté de développer les ventes d’essence « propre », les enseignes ont sans conteste mis la pression sur les compagnies pétrolières. Celles-ci ont dû admettre qu’il n’était plus temps de freiner l’essor du bioéthanol et son incorporation en direct dans les essences.
On a donc oublié, pour un temps, les mots peu aimables de Michel-Edouard Leclerc à l’encontre des « lobbies » paysans, les invasions de magasins par des agriculteurs en colère contre la pression des prix, les rapports de force dans les fruits et légumes ou encore les recours juridiques quant à savoir qui allait payer telle ou telle taxe.
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Les deux maillons extrêmes des marchés des produits alimentaires avaient de quoi s’entendre au nom du service rendu au consommateur.
Certes, chacun à sa logique et ses intérêts. La grande distribution est accusée de vouloir maximiser ses profits ; mais après tout, les agriculteurs eux aussi ne veulent-ils pas maximiser leurs revenus ? En cherchant à travailler plus souvent ensemble les uns et les autres seraient mieux armés pour limiter les dérives – il y en a – de certains intermédiaires. Les distributeurs savent ce pour quoi le consommateur est prêt à payer et les agriculteurs connaissent les coûts de production. Leurs intérêts vont plus souvent dans le même sens qu’on ne le croit. Rappelons-nous la crise de la vache folle : l’attitude des grandes surfaces n’a pas été pour rien dans la sortie honorable d’une crise sévère. Les relations avec les grandes surfaces peuvent aller du meilleur au pire. Le meilleur n’est pas inaccessible.