Everest, centrale d’achat européenne regroupant Intermarché, Auchan et Casino, est accusée par les industriels de contourner la loi française régissant les négociations commerciales, ainsi que les obligations de la loi Egalim.
Les relations entre industriels et distributeurs ont connu un regain de tension ces derniers jours au sujet de la centrale d’achat Everest, regroupant Intermarché, Auchan et Casino. L’Ilec et l’Ania se sont insurgés le 16 janvier contre les propos de Thierry Cotillard, le patron d’Intermarché et Gianluigi Ferrari, à la tête des centrales d’achat européennes Epic (Genève) et Everest (Amsterdam), tenus devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale deux jours plus tôt.
« Trois quarts des entreprises remontent, au 15 janvier, que ce principe (sanctuarisation de la matière première agricole, NDLR) n’est pas respecté », écrivent-ils, alors que « Intermarché a affirmé à plusieurs reprises qu’il respectait scrupuleusement la loi Egalim ». « Everest a convoqué par vagues des industriels auxquels ont été imposées des dates butoirs (15 octobre, 15 novembre, 15 décembre), avec des demandes de déflation à deux chiffres pour certaines », soulignent l’Ania et l’Ilec. Alors que la loi française encadre les négociations entre le 1er décembre et le 1er mars.
Enfin, selon eux, il est fait obligation aux industriels de contracter avec Epic, centrale d’achat de services, pour avoir le droit de négocier avec Everest alors que Gianluigi Ferrari les présente comme indépendantes. « Cette délocalisation permet manifestement d’échapper à certaines contraintes du droit français et rend plus difficile le contrôle effectif des pratiques par les autorités compétentes », jugent les industriels.
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Menaces de déréférencements
Quelques jours plus tard, le 20 janvier Lactalis, Lactalis a accusé Everest, de retirer certains de ses produits des rayons pour obtenir des baisses de tarifs, selon un courrier envoyé la veille par le p.-d.g. du groupe, Emmanuel Besnier, à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Emmanuel Besnier y accuse les centrales d’achat de produits Everest et de services Epic (regroupant Intermarché, Auchan et Casino) de « négocier hors de France le lait produit, transformé et commercialisé sur le territoire français ». Face au refus de Lactalis de baisser ses prix, il affirme que Gianluigi Ferrari a décidé « unilatéralement » de déréférencer certains produits Lactalis dans les magasins Intermarché, Auchan et Casino, « faisant peser un risque immédiat sur l’équilibre économique de la filière ».
Un porte-parole d’Intermarché a réagi en accusant Lactalis « d’instrumentaliser le prix de la matière première agricole pour éviter toute négociation sur les coûts industriels », c’est-à-dire l’électricité, le transport et les emballages « qui sont pour la plupart en baisse ». « Everest ne négocie en aucun cas la matière première agricole sur le lait français », a-t-il ajouté.
CB