En juin 2008, la DGCCRF torpillait le mécanisme d’orientation du prix du lait qui fonctionnait depuis des années au sein de l’interprofession. Une décision prise, semble-t-il, à la demande du secrétaire d’État Luc Chatel. On était au lendemain d’une période de flambée des prix alimentaires. Luc Chatel pensait sans doute qu’avoir plus de concurrence sur le prix payé aux éleveurs atténuerait la hausse des prix des produits laitiers.

C’est raté. Une étude de l’Insee vient de montrer que la hausse des prix des produits laitiers a été de plus de 6 % sur le 2 e semestre 2008 par rapport au même semestre de 2007. C’est certes, moins qu’au 1 er semestre mais c’est encore beaucoup. La mesure a fait « pfuit ».

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Le problème, c’est qu’en prenant cette décision, le gouvernement a jeté le bébé avec l’eau du bain. La procédure interprofessionnelle est hors service alors qu’au niveau mondial les prix sont en chute et que c’est justement aujourd’hui qu’on aurait besoin d’un peu de concertation dans la filière. Dans les milieux gouvernementaux, on n’hésite d’ailleurs pas à dire que ce torpillage de l’interprofession a été une « erreur ».

Le gouvernement est bien embarrassé de remettre aujourd’hui sur les rails un mécanisme qui fonctionnait bien. Ravies de pouvoir tirer au maximum sur la corde, les entreprises laitières ne lui facilitent pas la tâche. Le prétexte est tout trouvé pour éviter de discuter du prix du lait. De fait, il n’est pas du tout sûr qu’un geste de l’État pour rattraper sa bévue suffise à faire revenir toutes les laiteries à la table de négociation. Les unes seraient d’accord, les autres non. La division de l’interprofession n’est que le reflet de la division des entreprises elles-mêmes.