Le ministre de Finances ne baisse décidément pas la garde : il devait, le 9 septembre, visiter une grande surface dans le Nord de la France, pour constater de visu l’application de l’accord communément dit « Sarkozy ». Auparavant, prenant acte que « seule la moitié du chemin a été faite », puisque 1 % seulement de baisse a été mis en place, pour 2 500 produits au lieu des 3 500 à 5 000 concernés, il a accordé le 6 septembre dix jours supplémentaires aux industriels des grandes marques pour atteindre le fameux 2 %. Il a fixé le même délai pour les distributeurs — Leclerc et Intermarché — qui ont pris sur eux d’anticiper les baisses, sans l’aval des fabricants, une démarche illégale au regard de la loi Galland.
Du côté de la FCD, Jérôme Bédier, son président, a estimé que « le message était clair pour les industriels : ils ne doivent plus tergiverser ». Et de souligner aussi, à bon entendeur, que « le ministre a rappelé le principe du seuil de revente à perte, avec dix jours de souplesse ». Du côté des industriels, le président de l’Ania, Jean-René Buisson insiste sur ce rappel à l’ordre des deux enseignes. En contrepartie, le ministre intervient pour que les industriels appliquent les baisses de prix, « c’est normal », admet-il, reconnaissant que beaucoup « sont allés dans l’accord à reculons ». Pour autant, 66 % ont déjà baissé leurs prix, a-t-il fait valoir, ajoutant que « l’accord reste volontaire».
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Certaines filières agroalimentaires ont obtenu une dérogation à la baisse des prix ou ne sont pas signataires de l’accord. Ainsi les industriels de la charcuterie, ont attiré l’attention du ministère des Finances sur la forte hausse des prix des matières premières, à laquelle ils sont confrontés (15 à 50 % de progression selon les pièces depuis le début de l’année), et ont eu gain de cause. Pour n’être donc pas concernées par l’accord sur les prix, certaines marques nationales n’en ont pas moins été touchées par les initiatives de Leclerc et Intermarché. La fédération professionnelle, la Fict, leur a rappelé l’illégalité de leur démarche. Si les deux distributeurs ont mis un terme à leur campagne nationale de publicité, il semble que ce ne soit pas forcément le cas dans les magasins.
Du côté de la Fédération des industries avicoles, qui n’est pas membre de l’Ania, on rappelle que la filière n’est pas signataire de l’accord Sarkozy, d’autant que bon nombre des produits carnés ne sont pas marketés et peuvent être assimilés à des produits agricoles. En revanche, remarque-t-on, la profession ne remet pas en cause totalement la pratique des marges arrière pour des produits élaborés tels que les panés ou les cordons bleus. Une position qu’elle s’apprêtait à réaffirmer à la FCD.