Les deux éleveurs qui s’opposaient à l’abattage total de leurs troupeaux s’y sont finalement résolus après de nouveaux cas de dermatose nodulaire contagieuse dans les étables. Les syndicats poursuivent le combat, ce qui a conduit la Conf' a validé la stratégie vaccinale des pouvoirs publics.
En Haute-Savoie, le deuxième élevage réfractaire a finalement accepté l’abattage total de ses animaux le 18 juillet suite à la détection de nouveaux cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), indiquent plusieurs sources syndicales. La Confédération paysanne, qui soutenait l’élevage depuis trois jours, a levé le blocage, indique l’un de ses porte-parole, Stéphane Galais. Les militants sont invités à soutenir l’autre éleveur réfractaire, en Savoie, soutenu par la Coordination rurale. « La priorité pour nous est de respecter la décision des éleveurs et éleveuses. Nos revendications syndicales ne bougent pas », assure M. Galais.
Elles ne bougent pas sur la question de l’abattage, et pour ce faire, la Conf' a finalement changé de pied sur le sujet de la vaccination quelques jours plus tard, indiquant qu’elle était désormais favorable à une « campagne vaccinale large et accessible à tous les paysans et toutes les paysannes de la zone ». Interrogé par Agra Presse, l’un des porte-parole du syndicat, Stéphane Galais indique que la Conf' « soutient la campagne vaccinale en cours ».
Vaccins contre abattage partiel
Validée en Cnopsav le 16 juillet, la stratégie du gouvernement est de rendre la vaccination obligatoire. Or, habituellement, la Conf' est favorable à la « liberté vaccinale » ; mais dans ce cas, elle a revendiqué à la sortie du Cnopsav une approche différenciée par maladie. En l’espèce, la Confédération paysanne défend l’idée que l’abattage « partiel et ciblé » qu’elle continue de revendiquer ne serait soutenable qu’en cas de campagne vaccinale large.
Le syndicat se base sur une note de l’Efsa publiée en 2016, qui indiquait, sur la base d’un modèle mathématique, que l’abattage partiel avait autant de chance d’aboutir à une éradication que l’abattage total (avec toutefois un nombre légèrement supérieur d’élevages infectés), mais seulement en cas de taux de vaccination très élevé. Les auteurs précisaient toutefois que « l’efficacité de l’abattage partiel devait être évaluée dans des conditions réelles ». Dans une revue des politiques nationales parue en 2023 et diffusée par le réseau GTV (vétérinaires), des chercheurs coréens concluent à une plus grande efficacité de l’abattage total dans le contrôle de la maladie.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Deux jours après son homologue, le premier éleveur à avoir refusé l’abattage total de ses animaux, Pierre-Jean Duchêne, a aussi demandé, l’euthanasie des bovins de son exploitation, après avoir signalé l’apparition de nouveaux signes cliniques évocateurs de DNC sur trois de ses vaches. La veille de la décision de l’éleveur, le tribunal administratif de Grenoble, qui avait été saisi en référé, avait confirmé « la légalité et la nécessité » des mesures prises par la préfecture, rapporte l’administration. Depuis une dizaine de jours, Pierre-Jean Duchêne était soutenu par la Coordination rurale, qui bloquait l’entrée de son élevage.
Et le syndicat ne veut pas en rester là. La CR a annoncé le 23 juillet maintenir son recours au Conseil d’État contre la décision prise par le tribunal administratif de Grenoble. Selon l’avocat de la Coordination rurale, Alan Coadou, l’arrêté ne respecte pas certaines dispositions du code des relations avec les administrés (CRPA), telle qu’une bonne information sur les motifs de l’abattage ou le droit au contradictoire, mais atteint également au droit de propriété. La Coordination rurale regrette également l’absence de littérature scientifique déposée par les services préfectoraux durant l’audience au tribunal de Grenoble. Le syndicat déplore également que l’abattage ait été effectué avant que la procédure au Conseil d’État n’aille à son terme.
Selon le GTV de Franche-Comté, aucune nouvelle progression géographique n’était signalée par rapport aux précédents recensements. Quelques jours plus tôt, un bond de 30 km vers l’Est avait été réalisé, avec un foyer déclaré à Faverges.