Clôturant le 50e congrès de la Fédération nationale des producteurs de légumes le 20 octobre à Perpignan, Dominique Bussereau a une nouvelle fois soutenu le plan d’adaptation proposé par la FNPL pour les exploitations maraichères.
Ce plan d’adaptation avait été proposé par Angélique Delahaye, présidente de la FNPL, à son congrès de Colmar en septembre 2005. Le ministre de l’Agriculture l’avait salué alors, demandant à la fédération de le détailler, en coopération avec les services du ministère.
« Bien construit, abouti et prometteur »
Le plan est axé sur le soutien à la viabilité économique (modernisation des serres et autres outils de production), à l’emploi et aux mesures agri-environnementales. Son contenu est désormais au point, Dominique Bussereau l’a une nouvelle fois approuvé : ce plan « pour lequel vous avez obtenu mon soutien, me semble exemplaire dans le monde agricole », a-t-il déclaré, insistant : la FNPL « détient aujourd’hui un dispositif bien construit, abouti et prometteur ».
Sans avoir dit explicitement qu’il adoptera ce dispositif, son coup de chapeau laisse penser qu’il en favorisera les mesures. Il a évoqué deux mesures agri-environnementales contenues dans ce plan, destinées à favoriser la biodiversité et la qualité de l’eau, qui seront mises en œuvre.
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Gestion de crise : des pressions sur Bruxelles
Le ministre a par ailleurs affiché sa conviction pour un dispositif de gestion de crise : « L’expérience montre la nécessité absolue de se doter de moyens efficaces de gestion de crise. C’est pour moi une priorité ». Il faut maintenant « aller plus loin » et « pousser la Commission à faire des propositions concrètes ». Les projets de réglements devraient être soumis par Bruxelles aux États membres en décembre.
Dominique Bussereau a rappelé qu’il a pris en juillet des mesures pour les serres afin de favoriser les économies d’énergie et l’investissement dans les énergies renouvelables. Il a salué « l’excellence» du projet de recherche sur les serres-capteurs d’énergie du pôle de compétitivité « innovation dans les fruits et légumes » d’Avignon.
L’Espagne veut plus de préférence communautaire
Par ailleurs, lors d’un débat mené à ce congrès, Andrès Gongora, un maraîcher espagnol de la région d’Almeria, responsable d’une organisation professionnelle, a tenu des propos inconcevables il y quelques années seulement. « Les contrôles des importations en provenance des pays tiers (Maroc en l’occurrence) sont prévus par la réglementation, mais ils ne sont pas appliqués. De même les volumes importés ne sont pas respectés ». L’UE « devrait moins mener une politique qui favorise les multinationales, qui ne fait que contribuer à activer l’afflux de clandestins, chassés par la pauvreté ». Il a aussi estimé qu’il faut davantage informer les consommateurs sur l’origine des produits. Andrès Gongora a clairement invoqué la hausse des coûts du travail. Cette position révèle l’arrimage définitif de l’Espagne à l’UE, par ses niveaux de coûts du travail. Des voix s’élèvent en Espagne pour que le pays joue désormais davantage la carte européenne en demandant la mise en œuvre d’une réglementation jusque là peu appliquée.