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Dominique Bussereau : « Nous allons faire des contre-propositions »

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En marge du Conseil des ministres de l’agriculture de l’UE, le 29 janvier à Bruxelles, Dominique Bussereau a accordé une interview exclusive à Agra alimentation sur ce que pense la France des récentes propositions de réforme du secteur des fruits et légumes de la Commission européenne.

Agra alimentation : La proposition de la Commission de découpler les aides à la transformation des fruits et légumes vous satisfait-elle ?

Dominique Bussereau : Non pas vraiment. Le découplage total sur les produits transformés n’est pas bon pour nous car cela remet en cause un certain nombre de productions en France notamment en ce qui concerne la transformation des pruneaux dans le sud du pays.

Vous seriez donc pour un découplage partiel ?

Je dirais que nous serions pour plus de souplesse, ça oui.

Vous dites que la France va tout faire pour présenter des contre-propositions pour améliorer le texte de la Commission ? Comment vous allez vous y prendre par exemple pour les produits transformés ?

Oui, nous allons faire des contre-propositions. Nous allons les faire maintenant. Concernant les fruits transformés je ne peux pas vous le dire maintenant car nous allons encore en débattre. On reviendra sur les propositions de la Commission dans le courant du mois d’avril mais on vous mettra au courant bien avant.

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Comment appréciez-vous les propositions de Mariann Fischer Boël visant à faire face aux pressions de la grande distribution sur les prix payés aux producteurs ?

Nous n’avons pas encore évoqué cet aspect car nous n’en sommes encore qu’au niveau des principes de la réforme du secteur des fruits et légumes. Nous ne sommes pas encore entrés dans les détails.

Qu’en pensez-vous alors d’un point de vue personnel ?

Je pense que la grande distribution doit acheter les fruits et légumes à des tarifs normaux. Quand il y a des crises elle ne doit pas maintenir aussi haut ses prix. C’est la raison pour laquelle j’ai fait voter en France ce que l’on appelle le « coefficient multiplicateur » afin de ne pas avoir cette situation où l’on voit que la distribution continue à vendre aux consommateurs à des prix élevés alors que les prix qu’elle paie aux producteurs sont plutôt bas. Le coefficient multiplicateur on ne l’a pas encore utilisé car c’est une arme atomique. On ne l’utilisera que si vraiment nous sommes en crise. Chaque fois qu’on a interrogé les professionnels en 2005 et 2006 ceux-ci ne nous ont pas demandé de le mettre en œuvre. Mais sous sommes prêts à le faire si nécessaire !