Les assemblées générales de betteraviers ont lieu à l’heure actuelle en régions. Constatez-vous une plus grande mobilisation face aux échéances européennes ?
C’est très net. Les producteurs viennent plus nombreux, plus inquiets, plus interrogatifs et plus mobilisés. Nous essayons de leur expliquer les solutions que nous défendons pour répondre à la condamnation du panel sucre à l’OMC et dans le cadre des prochaines propositions de réforme européenne du règlement sucre. Nous sommes maintenant convaincus que la Commission européenne veut maintenir une production sucrière en renforçant sa compétitivité. Or, les Français sont parmi les plus compétitifs en Europe. Ils ont donc leur place dans ce nouveau contexte. Nous avons toujours dit que nous ne refusions pas une réforme à condition qu’on veuille bien nous entendre.
Quelles sont les solutions alors ?
Il faut d’abord quantifier et maîtriser les importations de sucre en Europe. Sinon, en 2009, il arrivera au sucre la déferlante qui arrive aujourd’hui au textile. Ensuite, il faut renégocier l’accord de Marrakech afin que la diminution imposée de nos exportations ne soit pas de 72 %, comme les juristes du panel à l’OMC l’ont décrété, mais de 21 % comme prévu à l’origine. Dans ses prochaines propositions, attendues le 22 juin, la Commission doit mettre en place un vrai plan de restructuration de manière à permettre aux régions les moins compétitives de se retourner vers d’autres cultures que la betterave. Il faut des aides suffisamment attractives. Dans ces conditions il serait possible de ne pas baisser les quotas dans les autres pays et notamment en France.
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Le gouvernement français a-t-il pris conscience de l’urgence et de la position à défendre ?
Oui. Il était temps ! Le ministre de l’Agriculture vient de publier un communiqué qui va dans le sens du maintien du niveau des quotas en France. Le ministre s’y affirme également favorable au maintien du revenu des betteraviers et à la gestion des marchés. Mais il faut faire vite pour le faire savoir dès à présent à Bruxelles car le 22 juin ce sera trop tard.
L’éthanol peut-il constituer une solution au problème sucrier ?
En partie, oui. L’éthanol peut constituer une solution pour le hors quota et une possibilité pour faire tourner nos usines. Mais encore faut-il que le gouvernement annonce dès que possible la deuxième phase de développement pour atteindre les objectifs d’incorporation de 5,75 % dans les carburants automobiles.