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Italie Doté de nouvelles capacités, Mutti redouble d’ambition

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Mutti, le roi de la pulpe de tomate en Italie et en Europe, a presque doublé sa capacité de production avec l’acquisition de la coopérative en faillite Copador. L’Europe du nord et les Etats-Unis sont les débouchés identifiés en priorité par l’entreprise familiale dont un quart du capital est contrôlé par Verlinvest.

Cap sur l’international, tel est le mot d’ordre chez Mutti pour 2018. L’entreprise familiale dont 24,5% du capital sont contrôlés par le belge Verlinvest (familles de Mévius et de Spoelberch, actionnaires d’AB InBev), vise en priorité les marchés étrangers après l’Italie « où nous avons un leadership fort et en croissance », précise l’entreprise avec 28,7% de parts de marché (0,5 point). « Nos principaux marchés cibles seront en 2018 l’Europe : principalement la France, les pays nordiques (Suède, Norvège, Finlande et l’Allemagne). Hors Europe, nous nous concentrerons sur le marché américain, où nous venons d’ouvrir une succursale », déclare Francesco Mutti, le p.-d.g. de l’entreprise. A l’étranger, le conserveur de Parme va s’appuyer sur son produit phare qu’est la pulpe de tomate (polpa), mais aussi sur la purée de tomates (passata), le concentré et les tomates pelées. 

Vendre bien plus en grandes surfaces

Les 278,3 millions d’euros de chiffre d’affaires de l’entreprise, en hausse de 6,9% en 2017 par rapport à 2016, sont pour l’instant réalisés essentiellement en Italie. L’export représente environ un million d’euros, et la France est le premier marché d’export avec 28,3% des exportations : 55% du chiffre d’affaires sont réalisés dans les GMS (167 832 euros en 2017 +2,8% ; 93 415 tonnes, -0,4%) et 45% en RHF. Bien que la restauration soit le marché sur lequel Mutti a débuté en France en 2013, l’entreprise souhaite accentuer ses ventes en grandes surfaces. D’ici 2020, la marque compte réaliser 70% de ses ventes en grandes distribution, et s’attend à une croissance annuelle de 20% en moyenne sur les deux circuits.

Mutti, qui affiche sa volonté de devenir le leader des sauces tomates, veut profiter d’un marché en cours de valorisation via les marques. La part de marché des MDD (45,8%) est ainsi en recul en 2017 de 2,5%, alors que Panzani, le leader avec 12,9% de PDM progresse de 0,3%, talonné par Mutti à 11,8% de PDM (+2,2%). Pour progresser encore en France, Mutti veut s’appuyer sur la traçabilité de sa matière première en insistant sur sa provenance exclusivement d’Italie. Il va aussi élargir son catalogue de produits avec des passata à partir de variétés singulières de tomates (cerise, datterini), une passata biologique, et varier les présentations en étoffant le nombre de références proposées en doypacks. 

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Copador acquise 25 millions d’euros

« Pour accroître la capacité de production afin de répondre aux ambitions internationales de Mutti », selon Francesco Mutti, l’entreprise a fait l’acquisition fin 2017 de Copador (via sa filiale Pomodoro 43044), une coopérative de transformation de tomate qui était en faillite. Avec cette nouvelle usine, l’industriel accroit ses capacités de 300 000 tonnes, sachant que Mutti a transformé en 2017 pas moins de 381 000 tonnes de tomates. La coopérative a été acquise pour 25 millions d’euros, « financée par prêt, une opération entièrement supportée par le Crédit Agricole », souligne le p.-d.g. Copador travaille exclusivement pour la RHF et « restera sur ce segment avec ses propres clients. A l’avenir elle pourra répondre aux demandes potentielles de Mutti », prévoit le dirigeant. Destinée aux professionnels, la marque Copador va subsister. 

Après cette acquisition, Mutti ne prévoit pas de nouvelles opérations de croissance externe en 2018 ou 2019. Le développement sur de nouveaux segments n’est pas non plus à l’ordre du jour. « A court et moyen termes, nous souhaitons continuer d’évoluer et de croître au sein du marché mondial de la tomate. Nous avons encore beaucoup d’opportunités de croissance au sein des marchés existants grâce à l’innovation et à l’expansion internationale », assure Francesco Mutti, qui prévoit des ventes dynamiques en 2018 : « Nous planifions de clôturer l’année avec un chiffre d’affaires au-dessus de 300 millions d’euros, en maintenant un taux de croissance stable par rapport aux dernières années. »