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Volaille/Résultats Doux confirme son redressement en France, et milite pour augmenter ses prix

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Doux annonce avoir renoué avec la rentabilité sur ses activités domestiques en France (GMS, RHF et industrie) et table sur un chiffre d’affaires en hausse de 7,5 % sur 2010. Le groupe, porté par le dynamisme de la volaille sur le marché mondial, entend bien répercuter la hausse du prix de céréales auprès de ses clients. Si l’implantation dans un autre pays que le Brésil est pour l’instant exclue, un projet d’usine pour des très grandes séries pourrait voir le jour à horizon 2012.

Il fut un temps où Doux ne faisait plus discret. Porté par un marché en croissance et une rentabilité retrouvée en France, le groupe finistérien prend la parole, et plutôt deux fois qu’une. La présentation des résultats semestriels a été l’occasion pour Guy Odri d’affirmer qu’il faudrait répercuter la hausse du prix du blé et du maïs (+ 9 % depuis le début de l’année, +12 % à 13 % depuis un an) sur les clients du groupe, et qu’il demanderait une hausse des prix de 6 % à 7 % en moyenne sur l’ensemble de ses marchés. Pour lui, les distributeurs ont entendu le message. Quant à savoir si cette hausse sera répercutée en partie ou totalement sur le consommateur final, c’est une autre question, à laquelle seule la distribution pourra répondre.

Le grand export premier pilier de la croissance
Le groupe finistérien, largement implanté au Brésil confirme par ailleurs son redressement. Il a annoncé un chiffre d’affaires en progression de 2,5 % au premier semestre, à 642,2 millions d’euros. Dans le même temps, l’Ebitda, à 56 millions d’euros, a bondi de 70 % et le résultat opérationnel courant est passé de 1 million d’euros à 27 millions d’euros. Le grand export, qui a dépassé la barre des 50 % du CA (53 % du CA contre 47,8 % au premier semestre 2009) et qui progresse de 13,7 %, à 340 millions d’euros, est le premier contributeur de la rentabilité et de son amélioration. Son Ebitda, à 50 millions d’euros, gagne en effet 42,9 %.

Chiffre d’affaires en recul sur le marché domestique français
Sur le marché domestique français, qui pèse 244 millions d’euros, soit 38 % de l’activité, le chiffre d’affaires recule de 10,6 % mais l’Ebitda retrouve l’équilibre (0,3 million d’euros, contre -2 millions d’euros au premier semestre 2009). Guy Odri explique cette évolution par un double mouvement de progression en GMS, marché porté par la bonne santé de la volaille classique, et par un retrait important sur les marchés de la RHD et dans une moindre mesure, de l’industrie. Un choix que le groupe affirme avoir fait compte tenu des prix extrêmement concurrencés affichés sur ces marchés.
Enfin, sur le marché brésilien, le chiffre d’affaires, à 58 millions d’euros, progresse de 7 % et l’Ebitda passe de 0 à 6 millions d’euros. Sur ce marché, la stratégie du groupe repose à la fois sur une expansion territoriale et sur un recentrage sur les produits élaborés.
Sur l’ensemble de 2010, la croissance du grand export devrait encore s’accélérer, celle du Brésil se maintenir et le recul ralentir en France, avec un chiffre d’affaires estimé à 1,4 milliard d’euros, en hausse de 7,5 %. La rentabilité devrait également continuer à s’améliorer.

Consolider les acquis avant d’aborder un troisième pays
Quant à l’avenir, il sera centré sur la croissance interne dans un premier temps. « Aujourd’hui, nous n’avons pas de logique de croissance externe. Il faudrait mettre l’outil de production à nos standards. Nous allons davantage augmenter la capacité de nos outils existants voire construire des outils neufs », explique Guy Odri. Projet à l’étude, une unité que le dirigeant qualifie de « low cost ». Un tel outil de très grande capacité (100 000 volailles / semaine) permettrait la production de très grandes séries pour des marchés à faible pouvoir d’achat comme l’Afrique, par exemple. « Ces outils existent, les Allemands en ont déjà. Mais chez Doux, il n’y aura rien avant 2012 », précise-t-il.
De même, l’implantation sur un troisième pays attendra encore un peu. « L’Asie est une zone prometteuse, mais nous devons d’abord bien digérer ce que nous avons fait. Nous implanter dans un nouveau pays nécessiterait des fonds supplémentaires que je serais obligé d’aller chercher sur les marchés » a indiqué Guy Odri.

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