Le tribunal de commerce de Rennes a jusqu’au 31 mai pour choisir quel dossier – l’ukrainien MHP ou celui du français LDC (avec Al-Munajem et Terrena) – sera retenu pour la reprise du volailler Doux. Le p.-d.g. du groupe LDC a défendu son dossier comme « un projet réaliste ». Il a notamment la préférence de la FNSEA.
Le tribunal de commerce de Rennes a ordonné le 4 avril la liquidation judiciaire du volailler Doux, spécialiste du grand export, assortie d’une poursuite de son activité jusqu’au 31 mai. Dans les prochaines semaines, la justice devrait donner son feu vert à l’une des deux offres de reprise : soit celle du groupe français LDC, du groupe saoudien Al-Munajem (principal client) et de la coopérative Terrena (actuel propriétaire) ; soit celle de l’ukrainien MHP.
Lors d’une visite de presse du ministre de l’Agriculture à Loué, Denis Lambert, le p.-d.g. du groupe LDC, a déclaré le 30 mars que son offre de reprise « est réaliste ». Selon lui, la restauration collective et les industriels français sont des marchés offrant des marges de développement. Mais, « passer du poulet export au poulet un peu plus lourd va nécessairement demander des investissements aux éleveurs », a-t-il prévenu.
Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a répondu qu’il souhaitait « soutenir un projet crédible pour la filière et pour le territoire ». Après cette décision, « l’Etat prendra ensuite totalement ses responsabilités », a-t-il assuré, après avoir visité une usine de conditionnement d’œufs et un élevage de poulets fermiers de Loué. Pour le ministre, cette « entreprise familiale est un exemple qui tire vers le haut un territoire tout entier ».
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La FNSEA rassurée par l’offre française
La FNSEA s’est dite rassurée le 30 mars par l’offre « majoritairement française » de reprise de groupe Doux par un consortium. « Les offres concertées du groupe LDC, du groupe saoudien Al Munajem, de la société des volailles de Plouray et de Terrena constituent une bonne nouvelle pour les éleveurs du groupe Doux et une bonne nouvelle pour la filière, déclare la présidente Christiane Lambert, citée dans un communiqué. Elles pourraient lui donner un nouveau souffle, tourné vers la reconquête du marché français, tout en maintenant un débouché export, à condition que des solutions soient trouvées pour l’ensemble des producteurs concernés. »
Mais la réussite du projet sur le long terme est liée à la mise en œuvre du plan de filière, juge la FNSEA, qui cite en particulier l’objectif de reconquête du marché intérieur. « Nous avons un déficit de compétitivité avec nos concurrents des pays tiers : Brésil et Ukraine, mais aussi en intra-UE", rappelle l’administrateur Jean-Michel Schaeffer.