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Aviculture Doux : la période des achats est ouverte

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En dépit de la cession d’une société d’aliments pour chiens et chats qui apporte une bouffée d’oxygène, une nouvelle phase s’est ouverte pour le volailler Doux : celle de l’appel à proposition de reprise, si possible, de la globalité de l’entreprise.

L’administrateur judiciaire, Me Régis Valliot, a fixé le 2 juillet comme date limite pour déposer des propositions de reprise du groupe Doux. Une date très, trop rapide, selon bon nombre d’opérateurs. Elle devait, semble-t-il, être décalée de quelques jours. Plusieurs entreprises témoignent en effet avoir trop peu d’éléments sur le véritable état de santé du volailler pour s’engager plus avant. Ces entreprises sont toutes très prudentes. Selon Jean-Philippe Puig, DG de Sofiprotéol qui est propriétaire de Glon-Sanders : « On est sollicités et très concernés, comme tous les acteurs de la filière ». Quelques jours avant, le patron de Duc, spécialisé dans les volailles certifiées, avait marqué son intérêt à participer d’une manière ou d’une autre au sauvetage de Doux. Toute la question est de savoir s’il est possible d’éviter un dépeçage du groupe, séparant notamment l’activité frais sur la France des ventes de poulets congelés à l’international. Le président de la FNSEA Xavier Beulin a déclaré le 22 juin, participant à l’AG du marché du porc, qu’il allait « tout mettre en œuvre pour que le groupe ne soit pas dépecé ». Et de remarquer que ce qui plombe l’entreprise est une dette considérable mais qu’en termes d’exploitation il semble rentable. Un fait qui le rend « optimiste malgré tout ».

Proposition des coopératives

L’ensemble des opérateurs du secteur volailles-aliments du bétail paraissent mobilisés. Pour autant, plusieurs industriels s’interrogent sur la possibilité de faire une offre, individuellement ou collectivement, tant la situation de l’entreprise est mal connue. Dimanche 24 juin, dans le Journal du Dimanche, Charles Doux a affirmé qu’il était prêt à ouvrir le capital de l’entreprise. Une « ouverture » déjà dépassée par les événements. La question ne semble plus de savoir comment la famille Doux va sauver son rôle dans l’entreprise mais de savoir quel tour de table devrait en faire l’acquisition. Pour sa part, le ministre de l’Agriculture a affirmé le 25 juin sur RTL que « l’ouverture du capital est une étape nécessaire » et que « ce qui est certain, c’est qu’il y aura une solution qui ne sera pas forcément ce qu’avait souhaité Charles Doux. » Philippe Mangin, qui s’exprimait lors d’une interview au journal LSA, le confirmait : « Oui, nous allons proposer de reprendre le groupe », a affirmé le président de Coop de France. Les coopératives, en partenariat avec Glon Sanders, déposeront donc une offre de reprise. Terrena, Triskalia, Agrial, Maïsadour et Unéal sont par ailleurs évoqués, mais aucune confirmation de Philippe Mangin n’a été donnée sur ce point. Concernant la date limite de dépôt des offres de rachat prévue initialement le 2 juillet et que bon nombre d’opérateurs trouvent trop proche, cette date pourrait, de bonne source, être reportée. Enfin, la FRSEA et les JA Pays de la Loire, la Chambre régionale d’agriculture et les associations d’éleveurs de Doux rencontrent dans la semaine le préfet de région. L’ordre du jour portait sur la demande de soutien de la part des pouvoirs politiques régionaux pour la gestion des créances des éleveurs.
Environ 800 salariés ont manifesté le 23 juin à Chateaulin pour exprimer leur inquiétude quant à l’emploi dans le groupe. Enfin, les syndicats insistent toujours auprès des éleveurs pour qu’ils fassent connaître leurs créances nées avant le 1er juin (1).

(1) Lire également Agra Alimentation du 28 juin 2012

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