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Aviculture Doux : les candidats planchent devant les salariés

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Les principaux repreneurs potentiels du groupe Doux ont présenté, devant le comité central d’entreprise le 17 juillet leurs projets de reprise. 14 offres avaient été reçues par l’administrateur judiciaire dont 6 sont indépendantes et 8 ont fait l’objet d’une offre coordonnée présentée par Sofiprotéol. Le groupe Doux représente près de 3 500 salariés en CDI, plus de 700 CDD mais aussi 650 éleveurs intégrés et travaille avec une coopérative qui réunit un millier d’éleveurs. Près de 1 500 emplois en CDI pourraient être supprimés, selon les syndicats de salariés. Les propositions des repreneurs, améliorées à la demande des pouvoirs publics, doivent être déposées auprès de l’administrateur judiciaire le mardi 24 juillet avant la fin d’après-midi.

Présenté Parfois comme un pur démantèlement sous couvert d’une offre coordonnée, le plan de reprise conduit par sofiprotéol est un peu plus que cela. il implique aussi des offres communes nomique, si ce n’est capitalistique, entre plusieurs acteurs de la filière. exemple : le leader de l’aliment du bétail glon sanders et le volailler Duc reprendraient, sous forme de « joint venture », une grande part de la branche aliments de Doux (Doux aliments Bretagne, Doux aliments sologne) de même que Doux accouvage et Doux Poussins ainsi que les abattoirs de Boynes (poulets) et Blancafort (dindes).

Un tour de table... via l’Arabie saoudite ?
autre exemple d’intérêts économiques liés, la reprise de la branche poulet export par tilly sabco (Chateaulin, Chantonnay). Celui-ci élargirait son tour de table non seulement à un actionnaire extérieur, un groupe saoudien selon plusieurs sources, mais également, à titre minoritaire, à un holding constitué de sofiprotéol, terrena et LDC. Quant aux sociétés Doux aliments Bretagne et Doux aliments Cornouaille (Pluguffan), elles seraient reprises par une joint venture entre glon sanders et triskalia, intégrant des engagements d’approvisionnement en aliments et en animauxqui concernent aussi tilly sabco. Restent des activités reprises en propre par un seul opérateur :
Terrena récupérerait soprat (découpes) à La Vraie Croix et l’usine de sérent, deux activités centréessur la marque Père Dodu. L’usine de Quimper ne serait pas reprise dans cet ensemble. glon sanders acquerrait seul l’usine Doux aliments de Vendée (L’oie), LDC prendrait le contrôle du fonds de commerce attaché à l’établissement de Laval. Les volailles du Poher exploiteraient le site de Plouray. Hendrix genetics, intéressé un temps par la branche dindonneaux de Doux (elven, trédion), renoncerait finalement. Comme Protéïs qui, par ailleurs, avait prévu une offre pour le site de Kergonan-Quimper. Ce site serait repris par tilly-sabco qui propose aussi de reprendre la moitié des 239 salariés de Père Dodu Quimper.

Des usines et des emplois sur le gril
Aucune offre n’a en revanche été faite pour Pleucadeuc (407 salariés) et graincourt (253 salariés). En ce qui concerne l’usine de Quimper, spécialisée dans les viandes séparées mécaniquement destinées à l’utilisation industrielle, l’offre coordonnée ne semble pas prévoir de la reprendre. Elle est en revanche visée par le groupe turenne-Lafayette que dirige Monique Piffaut. Mais celleci conditionne la reprise de l’usine de Quimper à l’acquisition des activités sous marque Père Dodu. De quoi constituer un dilemne, tant pour le choix qu’aura à faire l’administrateur judiciaire que pour terrena, également intéressé par la marque Père Dodu. À ne pas vouloir reprendre l’usine de Quimper, le groupe coopératif verrait-il lui échapper Père Dodu ?
Enfin, concernant l’emploi, selon les syndicats, plus de 1 500 postes en CDi seraient supprimés ainsi qu’un peu plus de 500 CDD. Reste, cependant, à compter sur la possibilité évoquée, quoique sans engagement : des salariés à l’emploi supprimé pourraient être repris au sein des entreprises repreneurs des outils de Doux.

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