Les déclarations de Stéphane Le Foll mardi 16 septembre lors du Space, le salon international des productions animales, n'ont pas fait que des heureux. Sur le ton de la confiance, le ministre de l'Agriculture a notamment évoqué « la réhabilitation de la filière volaille export ». Il a ainsi salué le travail accompli par le groupe Doux qui « dégage maintenant un cash flow positif sans restitutions », alors qu'il était au bord de la faillite il y a deux ans. En revanche, le ministre n'a pas été très disert sur le concurrent Tilly Sabco, lui aussi mis à mal depuis la fin des restitutions à l'exportation.
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Une omission qui ressemble à s'y méprendre à un abandon. C'est aussi visiblement ce que semble craindre Daniel Sauvaget, le patron de Tilly Sabco. Dans un bref communiqué publié le jour même, ce dernier s'est en effet inscrit en faux contre les propos de Stéphane Le Foll. Le patron de Tilly tient à faire savoir « qu'il n'entend pas être complice d'une imposture qui consiste à laisser croire qu'il est possible de pérenniser la filière volaille grand-export sans un système qui se substituerait aux restitutions ». Selon lui, « il manque environ 300 euros la tonne au poulet français pour être compétitif sur le marché du poulet entier destiné au Moyen-Orient depuis le début de l'année ». De fait, contrairement à Doux qui repart de l'avant, l'avenir de Tilly-Sabco semble plus que compromis. Les salariés sont en effet convoqués à un CE extraordinaire le 22 septembre, pour décider d'une procédure de conciliation ou de cessation de paiement. Le redressement de la filière volaille française à l'export est certes en bonne voie, mais pas pour tous.