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Date limite Doux : une semaine pour améliorer les offres de reprise

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Le plan de sauvetage du groupe Doux s’annonce difficile. D’un côté, sept offres de reprise mal accueillies que les repreneurs doivent améliorer d’ici le 23 juillet. De l’autre, les professionnels (éleveurs, salariés, transporteurs) insatisfaits et inquiets qui manifestent.

Guillaume Garot, ministre délégué à l’Agroalimentaire, s’est entretenu avec les représentants des salariés et les éleveurs du groupe Doux le 13 juillet à Rennes. Entre le mauvais accueil des offres de reprise et la colère grandissante des professionnels (éleveurs, salariés, transporteurs), le ministre récemment nommé affiche des objectifs ambitieux. « Oui, la filière volaille a un avenir dans notre pays. Nous devons travailler à développer et transformer notre modèle de production avicole », a affirmé Guillaume Garot au cours de la séance de l’Assemblée nationale le 11 juillet. Ambitieux, car plus concrètement, le plan de sauvetage du groupe Doux va devoir faire ses preuves. Le 5 juillet, une douzaine d’offres de rachat du groupe ont été déposées auprès des administrateurs judiciaires. Sans oublier, l’annonce inattendue du plan de continuation de la famille Doux. Sauf que la plupart de ces propositions ont été mal accueillies. Pour la fédération agroalimentaire et forestière CGT, l’analyse des documents des propositions des repreneurs est inquiétante. Un avis qui converge avec celui des pouvoirs publics. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, n’est satisfait par aucune des propositions d’offre (Sofiprotéol, LDC, Tilly-Sabco, Terrena, Cavac Ciab, Financière Turenne Lafayette, Daviet…) qui ont été déposées, rappelant que la priorité est une reprise « sans dépeçage » et le maintien « d’un maximum d’emplois et de sites ». Rappelés à l’ordre par les pouvoirs publics et par les syndicats, les potentiels repreneurs du groupe tâchent d’ores et déjà de préciser leurs offres. « Les offres présentées doivent être améliorées », estime Guillaume Garrot. Le 23 juillet, le tribunal de commerce de Quimper devrait statuer sur les propositions de reprise.

Inquiétude et colère des professionnels

Fermeture d’usines, factures impayées. Alors que les offres de reprise sont examinées, les raisons de la colère des salariés, des éleveurs et des transporteurs s’accumulent car des préoccupations de court terme persistent. Le 10 juillet, 400 salariés de l’usine de Pleucadeuc ont appris la fermeture du site d’abattage de dindes du groupe Doux. « Pour l’instant on a mis une croix sur le site, ce qui met également au désespoir les élus locaux », déplore Raymond Gouiffès, délégué CGT. Et pour cause, parmi la douzaine d’offres de reprise, l’usine de Pleucadeuc dans le Morbihan ne semble intéresser aucun repreneur. Plus de cinq cents personnes de l’usine ont manifesté le 12 juillet pour exprimer leurs inquiétudes. Des incertitudes également manifestées par les transporteurs le 13 juillet. La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) de Bretagne a menacé de cesser les transports pour le volailler Doux, à défaut de paiement des factures antérieures à la procédure de redressement. Parallèlement, les syndicats de salariés ont annoncé, le 9 juillet, vouloir entamer une procédure judiciaire : le comité d’établissement porterait plainte contre X devant le tribunal de Quimper pour « gestion fautive ». Pour la FRSEA Pays de la Loire, cette démarche n’est pas prioritaire. En revanche, accompagner les éleveurs et les industriels en situation délicate l’est. « Le conseil régional Pays de la Loire va débloquer exceptionnellement 2 millions d’euros pour venir en aide aux éleveurs », explique-t-on à la FRSEA Pays de la Loire. Reste à déterminer les modalités de distribution de cette enveloppe.

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