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Elevage ovin Douze mesures pour soutenir et relancer la filière allaitante

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Commandé par le Premier ministre en juin 2006, le rapport du député Yves Simon sur l’élevage ovin allaitant a été présenté au Salon de l’agriculture. Il propose 12 mesures pour permettre à la filière française d’enrayer son déclin engagé depuis plusieurs années. Les priorités vont à la facilitation de la reprise d’exploitations ovines, à la constitution et à la modernisation d’exploitations viables, et à la promotion de produits de qualité adaptés aux modes de consommation.

Enrayer le déclin de la production ovine allaitante. C’est le but du rapport du député de l’Allier, Yves Simon, qui était présenté à la presse le 6 mars au Salon de l’agriculture. L’élevage ovin français fait face depuis de nombreuses années à une forte baisse de son cheptel. Entre 1988 et 2005, l’effectif est passé de 11,499 millions de têtes à 8,79 millions. Selon Yves Simon, les causes de cette chute sont nombreuses : « Image dévalorisée dans la profession, manque de renouvellement des générations, abandon de la production dans les programmes de formation, absence de valorisation élaborée des carcasses ou encore substitution progressive des ovins allaitants par des bovins allaitants ». Mais la filière laitière semble mieux s’en sortir que la filière allaitante. « Elle est valorisée par des transformations fromagères sous signe officiel de qualité et la vente d’agneaux de lait complète le revenu des exploitations », souligne le rapport.

Assurer la transmission

Pour relancer et soutenir la production allaitante, le rapport d’Yves Simon, commandé par le Premier ministre en juin 2006, préconise 12 mesures. Elles s’articulent autour de quatre axes : assurer la transmission et la reprise d’exploitations ovines, accompagner la constitution et la modernisation d’exploitations ovines viables, promouvoir les produits de qualité adaptés aux modes de consommation et faciliter l’émergence d’une interprofession renforcée et solidaire. Le député de l’Allier préconise, dès la rentrée prochaine, la mise en place de formations diplômantes spécialisées dans 4 ou 5 établissements d’enseignement agricole, pour la conduite d’exploitations ovines et dans 3 ou 4 établissements, un certificat de spécialisation « conduite de l’élevage ovin ». La constitution et la modernisation d’exploitations ovines viables doit notamment passer par la génétique estime Yves Simon. Cela implique, selon lui, « une homogénéisation génétique des troupeaux et une augmentation de la base de sélection ovine, qui est aujourd’hui insuffisante car représentant 5 % seulement du cheptel ».

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Renforcer l’interprofession

Le rapport propose également de « réétudier le niveau de la compensation pour handicaps et les contributions positives à l’environnement ». Yves Simon propose d’apporter un complément « PHAE-territoires ovins » de l’ordre de 60 euros. Le coût total de cette mesure est évalué entre 35 et 40 millions d’euros par an à répartir, dans une proportion qui reste encore à fixer, entre l’Union européenne et l’Etat français. Enfin, le député insiste sur l’intérêt de voir l’émergence « d’une interprofession renforcée et solidaire ». « Hormis la filière laitière déjà organisée, la filière viande est trop dispersée (…). L’absence de réelles propositions régionales construites pour le prochain contrat de plan est assez révélatrice de cet état de fait », constate Yves Simon. Selon le ministère de l’Agriculture, le rapport du député de l’Allier devrait être présenté très prochainement à Dominique de Villepin. Des mesures pourraient être annoncées dans la foulée pour la filière. Yves Simon réclame une « action volontariste » pour « infléchir le mouvement de déclin» et pour éviter la disparition de « 20% à 30% du cheptel reproducteur » d’ici 5 ans.