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Pac DPU flexibles : Xavier Beulin estime « qu’il faut se poser la question »

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« Introduire un correctif par rapport aux soutiens perçus par les agriculteurs est une question qu’il faut se poser », a commenté Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA lors d’un débat organisé par l’Afja, le 17 novembre. Le responsable syndical réagissait aux propos du ministre Bruno Le Maire qui a estimé le 10 novembre qu’il fallait introduire de la souplesse dans les aides en fonction de la situation des marchés.

«Lors de la campagne céréalière 2007/2008 (où les prix ont flambé : ndlr), est-ce que cela aurait été indécent de baisser le niveau de DPU en fonction d’un pourcentage défini ? », s’est interrogé Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA et d’Orama lors d’un débat organisé par l’Afja le 17 novembre. Le syndicaliste répond par la négative. C’est une piste à explorer, estime-t-il, ne se montrant pas fermé à cette proposition. L’idée est que la flexibilité des DPU réponde à des « automatismes ». « La flexibilité des aides, c’est techniquement possible, estime le responsable syndical. Après, il faut être capable de réallouer les budgets ». Philippe Pinta, le président d’Orama, interrogé en marge du débat, se montre plus réticent. « Les DPU flexibles, c’est l’assurance de monter une usine à gaz », estime-t-il. D’autant que différencier des DPU selon les productions pour leur attribuer un coefficient est délicat dans le cadre du découplage, explique-t-il. « Les marges de manœuvre n’existent pas, admet Xavier Beulin. Mais le découplage n’est pas le dogme absolu ». Pour lui, les politiques de soutien doivent prendre en compte l’ensemble des marchés. Cette légitimité des soutiens doit en toute logique plaider pour une défense du budget européen de la Pac. « Il est bien possible que la France soit dans le camp de ceux qui veulent payer moins en termes budgétaires », nuance le syndicaliste.

Ouverture
Même attitude d’ouverture de Xavier Beulin sur la délicate question du pluralisme syndical dans les interprofessions. « C’est une question ouverte », a-t-il déclaré, à la condition d’aller jusqu’au bout en intégrant cette notion de pluralisme à l’ensemble des collèges et en intégrant aussi la grande distribution. « Ce qui compte dans nos systèmes interprofessionnels est l’équilibre entre les différents acteurs ». Pour l’heure, il trouverait normal qu’en cas de décision interprofessionnelle « étendue » par le ministre, ce dernier consulte largement toutes les tendances syndicales. José Bové, qui participait au débat en tant que vice-président de la Commission agricole du Parlement européen et ancien syndicaliste de la Confédération paysanne, a défendu ce pluralisme syndical. Son expérience de près de 20 ans au sein de l’interprofession du roquefort lui a bien prouvé que mener des combats unitaires était possible entre différents syndicats. Cela portait ses fruits, a-t-il raconté. Aujourd’hui député européen, il témoigne qu’une majorité peut se faire sur des projets de texte en balayant les clivages politiques. « C’est un autre mode de fonctionnement », explique-t-il. Bien loin des habitudes syndicales françaises dans l’agriculture. « La constitution de front commun dans l’agriculture est nécessaire », a-t-il conclu.

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