Déjà, il y a quelques années, la direction générale de la concurrence avait fait voler en éclat l’organisation du marché laitier et son système assez souple de fixation de prix du lait. Aujourd’hui, c’est l’autorité de la concurrence qui pénalise les producteurs d’endives, reprochant aux quelques centaines qui restent encore de tenter de réguler ce marché. Une décision qui paraît bien surannée au regard de l’enjeu de ce secteur et surtout de l’impact minime sur la hausse des prix. L’Autorité de la concurrence le reconnaît elle-même : le prix de l’endive ne peut pas être considéré comme bien fautif au regard de l’inflation.
Et pourtant, cette autorité a joué un très mauvais tour à l’agriculture en général en sanctionnant les endiviers. Elle a lancé un très mauvais signal. On a nettement l’impression qu’elle applique des règles édictées il y a longtemps et qui ne sont plus vraiment adaptées à la situation d’aujourd’hui. Des règles qui ont laissé se bâtir des centrales d’achats qui, à cinq ou six, font la loi des étals alors que le moindre effort de discipline de marché de la part des plus petits sont sanctionnés. Les gendarmes de la concurrence ont-ils vu que la réforme profonde de la Pac va laisser les agriculteurs sans autre protection que leur propre capacité à s’organiser ? Ont-ils vu que dans un secteur voisin, le « paquet lait » a assoupli les règles de concurrence ? Ont-ils vu que cent fois, les pouvoirs publics incitent, à juste titre, les agriculteurs à s’organiser, donc à se réunir pour faire pression sur les clients?
Ces gendarmes n’ont sans doute pas perçu le changement de contexte économique. Mais c’est peut-être aussi le droit qu’il faut changer : éviter d’appliquer au XXIe siècle un droit fait pour le XXe.
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