C’est grâce au droit de la concurrence que les producteurs de légumes ont obtenu gain de cause contre Carrefour et ses contrats à ristourne non justifiée.

A contrario, c’est à cause d’une application à la lettre de ce même droit que la recommandation sur le prix du lait a capoté. Dans un cas, le droit semble l’alllié, dans l’autre c’est l’obstacle. En fait, tout cela est moins une question juridique qu’une question de volonté. Dans le cas des producteurs de légumes, c’est surtout l’opiniâtreté de quelques syndicalistes qui a permis aux producteurs d’obtenir gain de cause. Dans le cas du lait, c’est l’opiniâtreté de quelques industriels qui compromet la discussion sur le prix.

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En apparence, ils ont leurs raisons : la concurrence mondiale est intense et ils se trouvent positionnés sur des produits peu valorisés. En réalité ils ont tort, car la solution à leur problème ne se résume pas à une réduction des coûts. Ces entreprises trouveront toujours des concurrents pour produire moins cher. La solution se trouve dans une meilleure valorisation de leurs produits et, surtout, dans l’émergence de sociétés regroupées, plus puissantes, plus diversifiées. « La situation actuelle va sans doute modifier le paysage industriel », explique Philippe Mangin, président de Coop de France. De fait, les laiteries qui tablent sur une réduction et une concentration drastique du nombre d’éleveurs devraient y réflechir à deux fois. Car le même phénomène risque de les toucher également. Et ce ne sera pas à cause du droit de la concurrence dont elles se plaignent si souvent. Mais à cause de leur stratégie.