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Drones : Airinov, la chute d'un pionnier

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C'est fini. Le fabricant français de drones Parrot a décidé la «cessation d’activité» de sa filiale, Airinov, pionnière en France de l’imagerie par drones pour des usages agricoles. Airinov l'a annoncé elle-même sur son site internet le 16 juillet. Parrot était actionnaire majoritaire depuis 2015 de cette start-up créée en 2015, qui avait émergé de concert avec le concept d'agtech en France.

La majeure partie des activités d'Airinov consistait à offrir des outils de pilotage pour l’épandage d’azote sur les cultures des agriculteurs. Elle «proposait avec des drones des prestations qui avaient comme concurrentes des prestations quasiment identiques à base de satellite», analyse aujourd’hui Timothée Barbier, manageur général de Wanaka, société concurrente d’Airinov. Or, «l’acquisition de données par satellite est totalement gratuite quand l’acquisition de données par drones est très chère», explique-t-il.

Les données satellites, librement accessibles via le programme européen Copernicus et les constellations de satellites Sentinel lancées depuis 2014, offrent désormais une alternative attractive au drone, le coût d’acquisition de données via ce moyen se situant autour de 7€ par hectare.

Dans son rapport d’activité pour l’année 2018, Parrot estimait déjà qu’Airinov restait « sur un palier de développement » parmi ses filiales commercialisant des usages professionnels des drones, ces dernières représentant 40 % de son chiffre d’affaires total (109 M€ en 2018).

Avec 200 000 € au premier trimestre 2019, Airinov avait vu son chiffre d’affaires baisser de 67 % par rapport à la même période en 2018, « effet d’une mauvaise saison des cultures de colza impactées par la météo », expliquait alors Parrot. Sur cette période, Airinov ne représentait qu'environ 1 % du chiffre d’affaires du groupe. « Des relais de croissance ont été développés et des offres nouvelles sont actuellement testées pour les vignes et le maïs », assurait encore Parrot à ce moment-là.

Après la fin d’Airinov, « le drone agricole n’est pas mort, il y a de la valeur ajoutée, mais il ne faut pas se tromper de marché », estime Thimothée Barbier. L’important est « de se spécialiser sur le modèle agronomique et d’utiliser les données qui conviennent par rapport à la thématique », ajoute-t-il. L’imagerie par drones, plus précise que le satellite mais également plus chère, convient à des « segments de services plus spécifiques répondant à des demandes qui généralement émanent de l’agro-industrie », notamment les semenciers, indique-t-il.

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Romain Ouertal