Près de six restaurants collectifs sur 10 proposent des produits issus de l'agriculture biologique, quasiment deux fois plus qu'en 2009, mais rarement tous les jours. C'est ce qu'a révélé lors d'une conférence de presse jeudi 17 juillet, l'Agence Bio, l'organisme public en charge du développement de cette filière. La proportion flirte même avec les 80 % dans la restauration scolaire, première de la classe en la matière, souligne l'organisme. Cette présence du bio se généralise pour répondre à la demande, estime l'agence, dont l'enquête auprès des consommateurs a mis en avant la volonté pour 68 % des parents et plus de la moitié des salariés de voir du bio dans l'école de leurs enfants ou sur leur lieu de travail.
Si le bio se développe dans la restauration collective, c'est avant tout sous l'impulsion du secteur public : 70 % de ses établissements en proposent en 2014, contre 44 % dans le secteur privé. Une différence qui apparaît également entre grandes et petites structures, les premières étant 72 % à en proposer aux salariés. Mais dans le détail, la part du bio reste encore marginale. En effet, pratiquement deux tiers des établissements n'en proposent qu'une fois par mois (contre un peu plus d'un tiers en 2009), alors qu'ils ne sont que 16 % à en avoir quotidiennement (5 % en 2009).
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Si le bio est malgré tout plus souvent au menu, il est encore rare que la totalité d'un menu soit concerné. Ce n'est le cas que dans 28 % des établissements, un chiffre en baisse par rapport à 2013 (35 %). A l'inverse, la moitié se limite à des produits ou ingrédients bio et tout juste 21 % à proposer un plat totalement bio. Dans la restauration commerciale, la part du bio reste quasiment marginale. Au 1er juillet, seuls 200 restaurants en France avaient la possibilité d'apposer la mention bio sur leur carte. Parmi eux, un peu plus de 90 sont des restaurants bio, proposant donc une carte 100 % bio.
Plus largement, la consommation du bio ne cesse de progresser en France, avec des ventes qui ont dépassé en 2013 les 4,5 milliards d'euros (+ 9 % par rapport à l'année précédente), ce qui en fait le deuxième marché européen derrière l'Allemagne. Pourtant, l'agriculture biologique ne concerne que 3,8 % des surfaces agricoles françaises, en dessous de la moyenne européenne (5,6 %) et très loin de l'Autriche, la Suède ou l'Estonie, où elle représente plus de 15 % de l'agriculture nationale.