Une étude scientifique publiée le 23 juillet dans la revue Science of the Total Environment met en évidence la présence de microparticules et nanoparticules de dioxyde de titane (TiO₂) dans des échantillons de lait animal et de lait infantile en poudre (formules pour nourrissons). L’équipe de recherche composée de scientifiques d’Inrae, de l’AP-HP, du synchrotron Soleil et du CNRS a analysé 33 échantillons de lait prélevés en 2022 de lait de vache et d’ânesse, de lait infantile en poudre de vache et de chèvre (2-36 mois) et de lait maternel. Les laits animaux étaient issus de l’agriculture biologique ou conventionnelle. « Cette première étude concernant la présence du TiO₂ dans le lait met en évidence une présence de particules dans tous les échantillons testés », déclare Anne Burtey, chercheur à l’Unité mixte de recherche génétique animale et biologie intégrative (Inrae, AgroParisTech, université Paris-Saclay). Pour ce qui est des nanoparticules de TiO₂, elles sont présentes dans 100 % des laits animaux et dans 83 % des laits infantiles analysés.
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Ces résultats démontrent « une exposition inévitable des nouveau-nés de manière quotidienne jusqu’au sevrage, ainsi que des consommateurs humains à tout âge », peut-on lire. Ils soulèvent l’hypothèse qu’une contamination via un autre vecteur que l’alimentation puisque le TiO₂ (additif E171) est interdit par précaution dans l’alimentation humaine depuis 2020 en France et depuis 2022 dans l’UE. Il reste toutefois autorisé dans les médicaments et produits d’hygiène. Des études précédentes ont montré que le TiO₂ est présent dans les eaux de surfaces, les sols et l’air. Pour rappel, le TiO₂ est classé cancérigène potentiel chez l’être humain par inhalation depuis 2006. Après cette première étude, les auteurs appellent à la mise en place d’études épidémiologiques à grande échelle pour évaluer les concentrations de TiO₂ dans les laits maternel et animal, et dans la population humaine et le cheptel d’élevage. Cela permettrait de mesurer les interactions entre les niveaux d’exposition et la santé.