À un mois de la semaine du commerce équitable en France, Kitam Nhouyvanisvong, partenaire laotien de l’ONG française CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement), a présenté les réalisations d’un mini-projet devenu point de départ d’une filière de commerce équitable, lors de la rencontre annuelle des partenaires locaux du CCFD à Paris le 2 avril.
Tout a commencé en 1988 avec un petit projet de développement dans la localité de Kasi, à 200 km au nord de Vientiane, la capitale, suscité par l’Association pour le soutien aux sociétés paysannes, une émanation du CCFD, a indiqué Kitam Nhouyvanisvong. Ce projet de développement a été conçu sur la base de micro-barrages, de micro-crédits et de soutiens à la commercialisation des productions villageoises sur le marché local. Les micro-barrages, rudimentaires (construits par les habitants à partir de pierres enrobées de fils de fer), ont permis aux producteurs de riz d’ajouter à la récolte de la saison chaude et humide une autre récolte, pendant la saison sèche, grâce à l’irrigation. Le micro-crédit a permis aux villageois d’emprunter des sommes de 50 à 250 euros, à partir de 1991, pour l’achat d’équipements.
Naissance d’un système financier
Le système s’est développé. Une coopérative de micro-crédit a été constituée en 1996. Comme dans toutes les coopératives, les membres doivent être actionnaires au capital. Puis d’autres coopératives de micro-crédit ont été constituées, chacune comptant environ 120 membres. Au total, 1 600 villageois sont actionnaires des coopératives, qui sont maintenant au nombre de 12.
En 2003, le programme a été prolongé par la création d’une société financière mère, le Fonds coopératif, chapeautant les 12 coopératives. Le Fonds coopératif a comme actionnaires les 12 coopératives, ainsi que la Sidi (Solidarité internationale pour le développement et l’investissement, filiale du CCFD) et la DGRV (confédération de coopératives allemandes), plus deux banques mutualistes : Alterfin (Belgique) et la Rabobank (Pays-Bas). La Sidi détient 28% du capital, dont le total s’élève à 500 000 dollars. Les intérêts laotiens détiennent 52% du capital. Le rôle du Fonds coopératif est de refinancer les coopératives de crédit. Il a en outre un rôle de formation du personnel des coopératives.
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La coopérative de production exploite une usine de jus de fruits
Le taux de remboursement est de 90 à 95%, a précisé Kitam Nhouyvanisvong. L’objectif est d’atteindre 97% d’ici 2010.
Depuis, une société « de type coopératif » a été constituée, la Lao Farmers Products, qui a construit une usine de fabrication de jus d’ananas, exporté sous label du commerce équitable via une centrale d’achat, Solidarmonde. Les produits (jus d’ananas, confitures, pâtes de fruits, riz, thé) sont ensuite distribués dans le réseau Artisans du monde. Comme généralement dans les filières de commerce équitable, la centrale Solidarmonde préfinance les achats.
L’exportation n’est pas le seul débouché. L’essentiel de la production des villageois membres des coopératives est destinée au marché local. Il s’agit de produits de pisciculture, de cultures de champignons, d’objets tissés, etc.