La rentrée ne s’est pas faite en douceur pour certains, elle a commencé par les cafouillages franco-français sur la taxe carbone, ce qui n’aide pas aujourd’hui pour convaincre nos partenaires mondiaux de faire eux aussi quelque chose pour le climat. Et quand Nicolas Sarkozy suggère que, faute d’engagements au sommet de Copenhague, les Européens devraient appliquer une telle taxe à leurs frontières, il risque surtout l’ire du directeur général de l’OMC. Un dossier au moins aussi ardu arrive au G20, celui des règles à imposer à la finance internationale, et récolte le même scepticisme et pour la même raison, le déficit de la politique par rapport à l’économie. Ce mal du nouveau siècle a également sa meilleure illustration dans la crise laitière. Prévisibles dès les prémisses de démantèlement de la PAC, ces mouvements de désespoir croissant chez les éleveurs n’ont guère conduit la Commission à se remettre en cause. Au fur et à mesure que la grève du lait s’européanise, on « colmate », bien sûr : Mariann Fischer Boel, sur le départ, se fait plus coulante et permet plus de soutiens nationaux ; la France rallie davantage de pays à sa demande de nouvelles régulations. Il n’empêche, tous s’essoufflent à courir après la vague, et ce sont les mesures purement conjoncturelles qui l’emportent. Dont la plupart viendront quand même bien tard puisque la présidence suédoise ne voit pas d’urgence à un Conseil agricole extraordinaire sur le lait. Et rien, ou si peu, qui consoliderait les structures et assurerait la compétitivité de l’Europe laitière dans le monde.

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