« On peut avoir une forte inquiétude sur l’avenir », a déclaré Henri Tandonnet, sénateur UDI-UC du Lot-et-Garonne, lors de la présentation du rapport d’information « Eau : urgence déclarée » à Paris, le 8 juin. Cette inquiétude vient notamment du risque de pénurie d’eau dans deux bassins : Seine-Normandie et Adour-Garonne. Cette pénurie affectera tous les usagers de la ressource, l’agriculture étant la première consommatrice d’eau pour irriguer. Des pistes sont envisagées pour faire des économies d’eau en agriculture. « Il y a des capacités d’économie dans le monde agricole : changement de cultures, amélioration de la sélection variétale ou encore irrigation de précision », liste Henri Tandonnet. Ainsi, les sénateurs rappellent qu'« il est crucial d’améliorer la résistance des plantes et des cultures au manque d’eau, voire à la sécheresse ».
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De fait, la mission sénatoriale a identifié deux priorités dans le secteur de l’eau que sont « l’alimentation et la sécurité sanitaire ». Ainsi, s’agissant de la gestion quantitative de l’eau, Henri Tandonnet a développé : « On ne peut pas contraindre les agriculteurs à moins consommer, si c’est pour aller chercher cette eau virtuellement ailleurs. » L’eau « virtuelle » est l’eau consommée ailleurs pour produire les denrées importées en France. Pour l’heure, une étude du ministère de l’Écologie de 2016 montre que la France est importatrice nette d’eau pour 8,4 Mrd de mètres cubes en 2007, « seule année actuellement disponible pour l’établissement de ce calcul complexe », selon l’étude. Pour améliorer l’utilisation de l’eau sur le territoire français, Henri Tandonnet rappelle qu’en milieu rural, « l’eau, on ne la crée pas. L’idée est de gérer les flux ». Pour diminuer ce déficit, le Sénat propose de constituer des réserves alimentées entre autres par la récupération des eaux pluviales, « abondante en hiver et au printemps, pour l’utiliser en été. »