Les élus du Parlement européen se montrent divisés sur la question de la gestion de l’eau, entre une commission de l’Environnement qui plaide pour des objectifs contraignants de réduction de la consommation et une commission de l’Agriculture qui penche pour des solutions techniques et des fonds dédiés pour aider le secteur à s’adapter.
Le projet d’avis sur la future stratégie concernant la résilience en eau, préparé par l’eurodéputé slovaque Michal Wiesik (centriste) au nom de la commission de l’Agriculture (Comagri), a été assez largement critiqué, lors d’une discussion le 18 février, par les élus du PPE (droite) qui lui reprochent de ne pas suffisamment adopter un point de vue agricole. Cet avis doit alimenter le rapport sur lequel travaille la commission de l’Environnement (responsable du dossier) alors que la Commission européenne doit présenter sa stratégie sur l’eau avant l’été. Les groupes politiques du Parlement européen ont jusqu’au 20 février pour déposer leurs amendements.
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Et les élus PPE de la Comagri promettent d’en déposer. « Très décevant », pour Céline Imart (France) qui déplore que le projet d’avis pointe le rôle négatif de l’agriculture. Herbert Dorfmann (Italie) a « l’impression d’avoir un rapport de la Comenvi et pas de la Comagri ». Et pour Esther Herranz Garcia, « il n’y a pas que la qualité de l’eau mais aussi la gestion de la ressource. Cette stratégie doit se concentrer sur l’approvisionnement ». Par contre, la plupart des groupes politiques poussent pour la création d’un fonds dédié à l’adaptation de l’agriculture.
D’abord réduire la consommation agricole
Le rapporteur de la Comenvi, Thomas Bajada (S & D, Malte), propose, lui, la fixation « d’objectifs sectoriels contraignants en matière d’utilisation rationnelle de l’eau et de prélèvement pour l’agriculture, l’industrie et l’usage domestique adaptés aux évaluations au niveau des bassins ». Invitée à débattre en Comenvi le 18 février, Veronica Manfredi, de la Commission européenne, a tempéré cette demande rappelant que des mesures contraignantes touchant à la gestion quantitative des ressources hydrauliques devraient « faire l’objet d’une unanimité au Conseil de l’UE », comme le prévoit l’article 192 du Traité sur le fonctionnement de l’UE. Intervenant quelques minutes plus tard, devant la Comagri cette fois, elle a par contre prévenu qu’il faudrait faire des efforts sur l’utilisation d’eau en agriculture laquelle consomme actuellement 59 % de l’eau de l’UE. Elle dit réfléchir à une approche hiérarchisée dans ce domaine avec « d’abord réduction de la demande, puis une meilleure efficacité des usages et en dernier recours la recherche de nouvelle ressource (comme la dessalinisation) ». L’option à l’étude du côté de l’exécutif serait « d’adresser des recommandations à tous les États membres, assorties d’un délai pour mesurer les progrès accomplis ».