Malgré une réunion de la Commission locale de l’eau du bassin de la Vilaine, la révision du Sage Vilaine, lancée en 2022, est toujours à l’arrêt, dans un contexte de tensions agricoles et de dégradation de la qualité de l’eau.
La réunion de la Commission locale de l’eau (CLE) du bassin de la Vilaine, le 13 mars, n’a pas abouti, faute de quorum, après l’absence de représentants de l’État. Cette séance visait à poursuivre les travaux autour de la révision du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage). Engagée en 2022, la révision du Sage, en adéquation avec le Sdage, vise à améliorer la qualité des masses d’eau, aujourd’hui très mauvaise, sur ce territoire qui englobe six départements. Cette absence de l’État intervient dans un contexte de moratoire sur les politiques de l’eau, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 13 janvier.
Plus récemment, les préfets de Bretagne et de Loire-Atlantique ont demandé, dans un courrier adressé au président de la CLE, Michel Demolder, un délai supplémentaire, estimant que le projet n’est pas mûr. « Ces derniers estiment qu’il n’y a pas eu suffisamment de concertation, une position qui semble alignée avec celle du Premier ministre et de la ministre de l’Agriculture », déplore M. Demolder, rappelant que les services de l’État ont approuvé le projet de Sage, au micro d’Ici Armorique.
Interdiction d’herbicides pour maïs
Une règle cristallise les tensions dans ce territoire très agricole : l’interdiction d’herbicides pour maïs dans des parcelles sensibles à l’érosion, situées dans une poignée d’aires d’alimentation de captage en eau potable. Il s’agirait d’une première en France. L’objectif est d’éviter qu’en cas de pluie, ces polluants ne se retrouvent dans l’eau. Cela concernerait 2,5 % de la surface du Sage Vilaine, selon M. Demolder.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cette disposition a provoqué l’ire de plusieurs syndicats agricoles (FNSEA, CR, JA), ce qui a conduit au report de l’adoption du Sage Vilaine. Aussi, la FRSEA Bretagne et les Jeunes agriculteurs estiment que « la sagesse l’a emporté » le 13 mars, en évitant une validation jugée précipitée. « Nous nous félicitons qu’aucune décision n’ait été actée et qu’aucun vote n’ait eu lieu », précisent-ils dans un communiqué commun.
Le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard regrette, de son côté, un blocage qui empêche « l’aboutissement d’un compromis patiemment construit visant à concilier amélioration durable de la qualité de l’eau et accompagnement des agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques ». La position de l’État est également critiquée par les associations environnementales, dont Eaux et rivières de Bretagne, pour laquelle « il est urgent de valider ce projet de Sage ». Une nouvelle réunion de la CLE est prévue en juin afin que l’État présente ses demandes d’amendement au projet.
JJ