En tribune au congrès du maïs, des représentants des ministères (Agriculture et Transition écologique) ont fait preuve de leur mobilisation sur le stockage de l’eau. Et expliqué les nouvelles règles du jeu.
« Il faudra stocker plus d’eau, c’est une évidence », a déclaré le 10 novembre Olivier Thibault, directeur de l’eau et de la biodiversité au ministère de la Transition écologique. Quelques jours après des attaques de réserves d’eau dans le Centre-Ouest, c’est le message délivré par le gouvernement au congrès du maïs à Tours. Irrigants de France, organisation qui compte parmi ses membres l’AGPM (producteurs, FNSEA), a réuni lors d’une table ronde pas moins de deux représentants du ministère de l’Agriculture et deux du ministère de la Transition écologique. L’occasion pour eux de souligner la mobilisation du gouvernement sur un dossier épineux. Mais aussi d’expliquer les nouvelles règles du jeu. « Dans l’ancien système, l’agriculture avait tendance à demander l’autorisation du volume le plus important dont (elle) pourrait avoir besoin dans les pires cas » de sécheresse, a critiqué Olivier Thibault. Il y avait « tromperie », selon lui. Car « ces volumes n’existaient pas » le moment voulu. Désormais, leur définition correspond à ce qui « est disponible en été, à l’étiage ».
Les « avancées » d’un récent décret
Tel est le sens du décret sur les volumes prélevables, publié le 24 juin au Journal officiel. Auparavant, l’organisme unique de gestion collective (OUGC) ou l’irrigant proposait au préfet le volume qu’il voulait prélever. Maintenant, « c’est au préfet d’assumer la quantité d’eau qu’on peut prélever à l’étiage », a résumé Olivier Thibault. Irrigants de France voit plusieurs « avancées » dans ce décret sur la gestion quantitative. « Nous avons obtenu l’acceptation d’un déséquilibre temporaire (de la ressource) : la possibilité d’autoriser des dépassements supérieurs à ce que les milieux peuvent supporter », a notamment souligné le président Eric Frétillère. Reste un bémol, « le texte n’apporte pas de réponse adaptée pour prévenir les sources de fragilité existantes ayant conduit aux annulations d’AUP » (Autorisation unique pluriannuelle), selon lui.
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Les retenues d’eau se heurtant à de fréquentes oppositions, cette question a été soulevée par les maïsiculteurs réunis à Tours : « Pourra-t-on irriguer demain ? » D’après Olivier Thibault, « la réponse est oui, mais pas n’importe comment ». Les projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) sont au cœur de la politique du gouvernement. Ils visent au meilleur partage de la ressource. « La gestion efficiente de l’eau doit être une priorité », a aussi considéré Yves Granger (ex-ministère de l’Agriculture), co-auteur d’un rapport avec le CGAAER. Il ne s’agit « plus de chercher le rendement maximum, mais la résilience des systèmes », selon lui.