La commission de l’Environnement du Parlement européen a adopté (à 68 voix contre 6 et 13 abstentions), le 8 avril, sa position sur la future stratégie sur la résilience en eau. Cette stratégie sera présentée « avant la pause estivale », a confirmé la commissaire à l’Environnement, Jessika Roswall, lors d’un échange avec les eurodéputés quelques heures avant le vote, sans donner beaucoup de détails sur son contenu. À l’issue de négociations intenses entre les groupes politiques, les propositions initiales du social-démocrate Thomas Bajada ont été largement assouplies, sous pression des partis de droite, pour mieux tenir compte des besoins du secteur agricole notamment. Le rapport final appelle la Commission à proposer des objectifs sectoriels en matière d’efficacité hydrique et de captage (prélèvement d’eau de surface ou souterraine) fondés sur des évaluations des risques. Mais ceux-ci ne sont plus contraignants. Un paragraphe qui identifiait l’agriculture comme « la principale source de pression sur les eaux de surface et les eaux souterraines » a été supprimé. Plusieurs amendements de la commission de l’Agriculture ont aussi été ajoutés. La mention du Green deal a été effacée du texte pour laisser la place à un appel à mettre en œuvre « la législation environnementale de l’UE ». Les eurodéputés demandent à la Commission européenne la création d’un fonds distinct dédié à la résilience de l’eau dans le cadre du budget à long terme de l’UE post-2027. Ils insistent aussi sur les soutiens à apporter aux agriculteurs qui adoptent des pratiques agricoles à faibles intrants et biologiques afin de réduire l’impact des pesticides sur la qualité de l’eau. Ce rapport d’initiative devrait être adopté lors de la session plénière du 5 au 8 mai.
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L’ONG PAN Europe a déploré l’affaiblissement de la position du Parlement européen qui se montre incapable « de lutter contre la pollution de l’eau due à l’agriculture, dilue les principes de précaution et du pollueur-payeur et ne s’engage pas à renforcer l’application des réglementations existantes ».