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Eau : tension en Loire-Bretagne autour des études HMuc

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La publication des résultats d’une étude hydrologique Hmuc a été retardée dans la Vienne. Le syndicalisme majoritaire pousse un moratoire sur ces études dans tout le bassin Loire-Bretagne jusqu’à l’automne.

Le 20 juin, le préfet de la Vienne a reporté le vote, prévu mercredi 25, d’une étude sur le partage de l’eau, contestée par des agriculteurs qui ont bloqué le Futuroscope de Poitiers pour dénoncer la baisse envisagée des volumes d’irrigation autorisés. Ce texte, « visant à évaluer et à planifier la gestion durable de la ressource en eau sera finalement soumis au vote en novembre », a indiqué à l’AFP un porte-parole des services de l’État. L’association des irrigants de la Vienne (Adiv), qui avait filtré les accès du parc vendredi 20 au matin avec trois syndicats agricoles (Coordination rurale, FNSEA, Jeunes agriculteurs) avant de lever le camp, a salué ce « moratoire sur l’étude HMuc » (Hydrologie, milieux, usages, climat) du bassin du Clain.

Le vote de l’étude HMuc a déjà été reporté à deux reprises l’an dernier, sous la pression des agriculteurs irrigants. Sa première mouture avait conclu à un manque d’eau pour remplir la trentaine de " bassines " prévues dans la Vienne, en l’état du partage de la ressource entre distribution d’eau potable, agriculture et industrie. La validation de cette étude conditionne les financements publics de ces projets de retenues d’eau, soumis à des contreparties. « On va perdre 27 millions d’euros par an sur le territoire du bassin du Clain », a déclaré à l’AFP François Turpeau, président de la Coordination rurale de la Vienne.

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Conférences sur l’eau dans le viseur

La bataille ne concerne pas seulement la Vienne. Le syndicalisme majoritaire (FNSEA, JA) du bassin Loire-Bretagne, et avec lui de nombreuses entreprises agricoles de la région (Agrial, Scael, Innoval, Cavac, COC, Terrena…), ont envoyé, le 20 juin, une demande de « moratoire » sur les études HMuc jusqu’à l’automne. Concrètement, les filières demandent que plus aucune étude ne soit validée tant que le gouvernement n’aura pas tenu et conclu son cycle de conférences sur l'« eau dans les territoires » : « Donnons-nous les chances de réussir ce débat vital. L’administration ne doit pas, durant cette période, s’entêter à valider des études rejetées en bloc par le monde agricole », plaident les organisations, qui critiquent des études « menées sans concertation suffisante, [qui] proposent une réduction drastique des volumes d’eau mobilisables, avec des impacts majeurs sur l’agriculture, l’emploi, la souveraineté alimentaire et l’attractivité des territoires ». Introduites dans le Sdage Loire-Bretagne 2016-2021, ces analyses peuvent durer deux années avant de fournir des résultats.

« On va perdre 27 millions d’euros par an sur le territoire »