Particulièrement affectée par la crise de la Covid-19, Danone annonce restructurer son organisation pour s’appuyer davantage sur le local. Au programme : 2 000 suppressions de poste dans le monde et près de 500 en France.
Danone, qui compte quelque 100 000 employés dans le monde, annonce dans un communiqué de presse du 23 novembre, « des réductions d’environ 1 500 à 2000 postes dans nos sièges mondiaux et locaux, avec jusqu’à 25 % des effectifs de nos sièges mondiaux ». « Sur la France, ce sera 400 à 500 personnes », « essentiellement des directeurs, des managers », qui seront concernées par ces suppressions de postes, a précisé à l’AFP Emmanuel Faber, le p.-d.g. de Danone connu pour ces prises de position en faveur d’une transition écologique.
Ces annonces s’inscrivent dans une logique de « simplification » de l’organisation du géant agroalimentaire, appelée « Local First », qui s’appuiera dorénavant sur une organisation par zone géographie et non plus par catégorie (Produits laitiers et d’origine végétale, Nutrition spécialisée, Eaux). « Nos entités dans les pays ne seront plus inféodées à une organisation mondiale par catégorie, mais réunies en une seule business unit locale, pour jouer avec puissance et efficacité sur toute la gamme des spécificités locales pour gagner en capacité à servir nos clients et nos consommateurs, et donc à croître », explique Emmanuel Faber, cité dans le communiqué. « Cette crise a démontré l’importance de réagir au niveau local », complète-t-il lors d’une interview dans la matinale de France Inter le 24 novembre.
Les eaux en chute libre
Sur les neuf mois premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de Danone a reculé de 5,4 %, à 18 milliards d’euros, et tout particulièrement pour les eaux en bouteille (-20,5 %). « Nous sommes confrontés à la fermeture des canaux hors domicile, qui affecte partout notre activité d’eaux, à la réduction des gammes portées par nos distributeurs, au creux annoncé dans la dynamique des naissances, mais aussi à des coûts opérationnels plus élevés liés aux mesures sanitaires et à la sécurisation des approvisionnements et des flux », analyse le patron de Danone qui a fait du groupe la première entreprise à mission cotée en Bourse.
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« Nos actionnaires sont en situation difficile, le cours a baissé de 30 % depuis un an. La rentabilité est fondamentale. C’est le socle des investissements de demain », justifie-t-il également sur France Inter. Et il ajoute : « La protection de la rentabilité et du bénéfice est fondamentale pour n’importe quelle entreprise. C’est sa survie même qui est en cause. »
Dans un communiqué, la FGA-CFDT a réagi en se disant « très vigilante » et en jugeant « inadmissible que les efforts pour mieux rémunérer les actionnaires portent une fois de plus uniquement sur les salariés ».
« C’est la survie même de l’entreprise qui est en cause »