La constatation est sans appel : en 2015, le prix moyen du lait en France a été de 309 euros les 1 000 litres tandis qu’il a été de 273 euros toujours pour 1 000 litres en Allemagne. Bien sûr, les éleveurs Allemands souffrent, sans doute autant que les Français mais il n’en est pas moins vrai que ce prix a été globalement supporté l’an dernier outre-Rhin. Et, d’ailleurs, la production laitière allemande a davantage augmenté que la production française. Sans doute aussi grâce à une volonté de produire plus pour compenser la baisse de valeur au litre.

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Cet écart de prix révèle donc un écart considérable de compétitivité. On pourra faire tous les discours possibles, on ne sortira pas de cette équation. La taille n’est pas fondamentalement en cause. Les exploitations allemandes ne sont pas considérablement plus importantes que celles de France, en tout cas pour celles de l’ouest de l’Allemagne. Les grandes exploitations de l’Est semblent d’ailleurs souffrir davantage que les plus petites de l’Ouest. En revanche, les coûts de production, le recours à la méthanisation et sans doute des réglementations plus souples expliquent largement la différence de compétitivité. On le savait, mais les écarts de prix constatés en 2015 montrent l’ampleur du chemin à parcourir pour les Français. Stabiliser la production française et surtout, si possible, européenne, est une chose. Mais tant qu’on n’aura pas réduit cet écart de compétitivité, on n’aura pas sauvé durablement la production laitière française.