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Pesticides Ecophyto 2 ne fait pas l'unanimité

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Le plan Ecophyto 2 présenté par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, le 30 janvier, fixe pour objectif la réduction de 50% des phytos en 2025. Ce plan ne fait pas l'unanimité chez les professionnels de l'agriculture.

Le plan Ecophyto 2 a été présenté par Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, lors de l'An I de l'agroécologie, à Paris, le 30 janvier. « Dans le cadre du plan Ecophyto 2, nous visons comme objectif la réduction de 50% de l'utilisation des pesticides à l'horizon 2025 », a déclaré le ministre qui insiste : « La réduction des usages entraîne la réduction des risques d'impact ». Pour y parvenir, le ministre entend développer les solutions de biocontrôle et de l'agroéquipement qui permettent d'économiser l'usage des pesticides. Il intègre pleinement cette démarche dans le projet agroécologique pour un modèle agricole qui concilie économie et écologie. « On a l'impression que les initiatives commencent à peine. Les agriculteurs ont lancé des initiatives avant l'an I de l'agroécologie », a relevé Xavier Beulin, président de la FNSEA. Le syndicat majoritaire a tenu à rappeler qu'il soutenait l'agroécologie qui fait appel à la « high-tech » : technologie, savoir...

Des critiques ciblées

L'accueil du plan Ecophyto 2 est très mitigé. « Le seul objectif de réduction quantitatif de l'utilisation des produits phytosanitaires fait abstraction des besoins des agriculteurs », a regretté Eugénia Pommaret, directrice générale de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). L'UIPP préconise en priorité de réduire les risques d'impact, « comme cela se fait dans les autres Etats de l'Union européenne ». Tout en saluant des « avancées majeures » au sein d'Ecophyto, InVivo souhaite aussi une approche européenne de la baisse des usages de pesticides. « L'efficacité du nouveau plan Ecophyto ne peut se mesurer sur la seule base d'indicateurs quantitatifs », explique un communiqué du 2 février. InVivo privilégie des indicateurs mesurant « la réduction des impacts environnementaux et risques sanitaires des pratiques agricoles, en phase en cela avec la réglementation européenne ». Par ailleurs, le manque de financements est d'ores et déjà critiqué. La Fnab (Fédération nationale de l'agriculture biologique) regrette l'annonce d'un budget à hauteur de 70 millions d'euros qu'elle juge insuffisant.

Le lancement du dispositif expérimental des Certificats d'économie des produits phytosanitaires inquiète aussi. L'objectif est de réduire de 20% les Nodu (nombre de doses utilisées) sur cinq ans par les distributeurs. « Si l'objectif n'est pas atteint, il y aura des pénalités financières », poursuit Stéphane Le Foll. La mesure inquiète la Coordination rurale (CR), syndicat agricole minoritaire : « Il est évident que ceux-ci (l'UIPP) vont, comme à l'accoutumée, la répercuter sur les agriculteurs », craint la CR.

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Les distributeurs (Coop de France Métiers du grain et la Fédération nationale du négoce), principaux concernés, regrettent la mise en place du dispositif. Ils expliquent qu'ils ont « un rôle à jouer en matière de conseil, mais ne peuvent être tenus responsables des décisions des agriculteurs ». Ils ajoutent que ces mesures vont inciter « un nombre croissant d'agriculteurs » à aller acheter des produits phytosanitaires « hors de frontières ».

Des partisans investis

Face aux critiques, le plan Ecophyto 2 a reçu aussi des avis favorables. Dans un communiqué diffusé le 30 janvier, l'Union française des semences (UFS) adopte une position positive vis-à-vis du plan Ecophyto 2 et se félicite d'être associée à son comité national d'orientation. Selon l'UFS « ce plan met en avant la place centrale de la semence, de l'innovation et de la création variétale pour produire plus et mieux ». Elle attend néanmoins plus d'engagements pour la recherche sur la protection des semences. La Fnab entend « participer pleinement à la dynamique agro-écologique ». Ainsi, l'objectif de doublement des surfaces bio d'ici 2017 (programme ambition bio) « est en soi un contributeur net à la suppression totale de l'usage des pesticides de synthèse sur un million d'hectares ».