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Ecophyto : des voix s’élèvent pour une remise à plat

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« La politique menée depuis 10 ans ne produit pas les résultats attendus », a observé dans un tweet la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne, à l’occasion du comité de suivi du plan Ecophyto le 7 janvier. « Il nous faut lui donner un nouveau souffle car nous n’avons pas d’autre choix que d’aller vers une société moins dépendante des produits phytosanitaires », a-t-elle ajouté.

« Nous, on n’y comprend plus rien », a commenté Eric Thirouin, secrétaire général adjoint FNSEA et président de l’AGPB (producteurs de blé), auprès de l’AFP, à propos de la différence entre les chiffres donnés par les industriels et ceux du gouvernement : des ventes 2018 de phytos à +8 %, d’un côté, +21 %, de l’autre. « On constate que les pratiques agricoles ont évolué » et que les progrès « sont bien réels ». Il demande donc que les indicateurs soient « remis à plat ». La Confédération paysanne dénonce les centaines de millions d’euros qui sont consacrés à Ecophyto pour, au final, une hausse de l’utilisation des produits. Dans l’objectif de « s’affranchir des pesticides », l’obstacle n’est « pas la supposée absence d’alternatives, mais le surcoût du changement et l’absence de rémunération » des agriculteurs, selon elle. La Fnab (agriculture bio) estime que « l’échec d’Ecophyto va encore venir aggraver la pollution environnementale et le coût assumé par la collectivité ».

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Aux yeux de Générations futures, « ce plan restera un échec tant que l’État s’en remettra au bon vouloir de la profession agricole pour faire évoluer de manière volontaire ses pratiques ». Alors que les résultats d’Ecophyto « devraient appeler à une profonde remise en question et à un sursaut historique, le gouvernement reste atone », a réagi de son côté la Fondation Nicolas Hulot, qui « appelle le gouvernement et les parlementaires à se ressaisir pour donner un cap clair aux agriculteurs et protéger l’environnement et les citoyens ».

Une hausse des quantités de phytos qui interpelle