La consommation de produits phytos a continué de croître en France en 2016, pour atteindre 94,2 millions de doses-unités, obligeant l’exécutif à revoir sa courbe d’atteinte de l’objectif Ecophyto d’ici 2020, qui reste, lui, toujours inchangé, à 66,5 millions de doses-unités. La prévision pour le Nodu 2018 (correspondant aux phytosanitaires consommés en 2017) a donc été revue à la hausse, à 83,4 millions de doses-unités.
Une hausse légère, mais une hausse quand même. La consommation de produits phytosanitaires par l’agriculture française a augmenté de 0,3 % entre 2015 et 2016. C’est ce que confirme le gouvernement dans une annexe au volet « Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales » du projet de loi de finances 2019. Selon ce document, l’indicateur Nodu (nombre de doses unités), utilisé pour mesurer l’utilisation des phytos, est passé de 93,9 à 94,2 millions entre 2015 et 2016 sur le territoire français.
Or, la prévision initiale pour le Nodu 2017 (correspondant aux pesticides consommés en 2016) s’établissait à 84 millions. Ces résultats s’expliquent, selon l’annexe au projet de loi de règlement du budget et d’approbation des comptes, publiée au printemps dernier, par « la survenue d’événements climatiques très pluvieux dans une grande partie de la métropole s’est en effet révélé très favorable au développement des maladies fongiques », ce qui a nécessité une utilisation accrue de produits phytosanitaires.
Ces chiffres restent toutefois au-dessous de ceux du Nodu 2015. À l’époque, l’indicateur s’établissait à 96 millions de doses unités. Par ailleurs, cette hausse masque, « de sensibles évolutions parmi les substances les plus dangereuses », les substances CMR1, qui ont un potentiel cancérogène « avéré », étant en baisse de 6 %.
Objectif de -25 % « réaffirmé » par le gouvernement
Malgré ces résultats en demi-teinte, le gouvernement annonce qu’il « réaffirme » l’objectif de diminuer de 25 % l’utilisation des produits phytosanitaires en France pour 2020, comme prévu dans le plan Ecophyto 2. L’exécutif prévoit toujours une forte diminution de la consommation pour le Nodu 2019, à 73,4 millions, pour atteindre la cible de 66,5 millions en 2020.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour atteindre ces objectifs, la courbe est de plus en plus forte, et l’État a déjà revu à la hausse sa prévision pour le Nodu 2018 (correspondant aux pesticides consommés en 2017). « L’objectif de réduction étant linéaire à partir du résultat obtenu en 2017 », la prévision pour le Nodu 2018 passe ainsi de 77,4 à 83,4 millions de doses.
Pour atteindre ces objectifs « ambitieux », le gouvernement compte sur le « Plan d’actions sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides », présenté par le gouvernement le 25 avril dernier, et qui doit aboutir prochainement à « la formulation de plusieurs propositions qui visent à contribuer à l’atteinte des objectifs du plan Ecophyto 2 + ».
Malgré le plan Ecophyto, lancé en 2009, la consommation de produits phytosanitaires par l’agriculture française a augmenté de 12 % entre la période 2014-2016 et la période de référence 2009-2011.
Une hausse expliquée par « la survenue d’événements climatiques très pluvieux »